« C’est une nouvelle corde à l’arc des éleveurs. Une culture pérenne et rustique, que l’on peut utiliser tant en litière qu’en fourrage, ça n’existait pas », se félicite Franck Fournier, de Seedenergies, qui importe des graines de switchgrass. Il s’agit d’une graminée pérenne, de la famille des panics, « sélectionnée pour sa forte production de biomasse, indique la chambre d’agriculture du Lot, qui organisait récemment une rencontre à son sujet. Son cycle végétatif est très similaire à celui du miscanthus », mais avec une implantation moins coûteuse et plus facile.
« Avec de la mauvaise paille, je peux ramener des adventices. »
Comme il l’a expliqué à une quinzaine d’agriculteurs lors de cette journée, Rémy Vermande, éleveur de bovins allaitants au Bourg, dans le Lot, a décidé en 2024 d’implanter le switchgrass sur 1,8 hectare. « J’achète tous les ans de la paille mais je ne maîtrise pas sa qualité. Avec de la mauvaise paille, je peux ramener des adventices. »
Conseiller à la chambre d’agriculture du Lot, Fabien Bouchet-Lannat abonde : « Beaucoup d’éleveurs ont des rendements faibles en céréales et sont donc à la recherche de solution pour leur paille. » Rémy Vermande a d’ailleurs choisi une parcelle dont il est propriétaire, éloignée de son exploitation et difficile d’accès en moissonneuse-batteuse pour y semer cette culture pérenne. « La semence est un peu chère, environ 1 000 euros par l’hectare, mais je sais que j’en ai pour trente ans environ », ajoute l’éleveur de limousines.
De 12 à 15 tonnes en équivalent paille sur 1,8 hectare
Deux ans après l’implantation, il va réaliser sa première récolte avant la mi-avril, espérant déjà économiser un camion de paille : « À terme, j’anticipe de produire de 12 à 15 tonnes-équivalent paille sur cette parcelle. »
Pour en arriver là, « vu le prix de la semence, on soigne la mise en place », sourit-il. Les conseils sont de semer le switchgrass à la mi-mai (au minimum 15°C au sol) entre 10 et 12 kg/ha. « Le lit de semences doit être fin, la graine enterrée entre 0,5 et 1,5 cm de profondeur », détaille Franck Fournier. Avant le semis, le sol doit être propre car, au départ, la culture supporte peu la concurrence. « Il est possible de faire des faux-semis, expose Franck Fournier. Et d’imaginer une coupure de deux ans sur les parcelles qui ont un historique de cultures d’été. »
La récolte, pour sa part, se réalise en sortie d’hiver « avec le matériel habituel de fenaison », assure Franck Fournier. « C’est facile à récolter et à stocker, puisqu’on peut le presser comme de la paille », met en avant Rémy Vermande. Et la qualité de la paille est annoncée remarquable par Franck Fournier : si son temps de compostage est un peu plus long, « elle a trois fois la capacité absorbante d’une paille de seigle, de blé ou d’orge. »