En déplacement à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle le 15 janvier 2026, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé son souhait de renforcer les contrôles des denrées importées. Pour cela, une centaine d’agents composeront une nouvelle « brigade françaises dédiée ». Celle-ci « dès la première année, devra réaliser a minima 3 000 contrôles sur l’ensemble du territoire », a-t-elle indiqué.
Contrôles de camions et de magasins
La ministre avait annoncé son intention de lancer cette brigade dès décembre, au lancement des conférences de la souveraineté alimentaire, et a depuis réitéré cette promesse dans le cadre des différentes annonces pour calmer les manifestations d’agriculteurs, qui ont parfois effectué eux-mêmes des contrôles sauvages à la sortie de ports ou sur des routes.
Moins d’une semaine après l'arrêté que j'ai pris interdisant 5 substances dans les fruits et légumes importés de pays tiers, j’annonce aujourd'hui depuis Roissy la création d’une brigade française spécialisée de plus de 100 agents.
— Annie Genevard (@AnnieGenevard) January 15, 2026
Il faut maintenant aller vite. Près de 3 000… pic.twitter.com/VUiWsflegX
Ces agents, dont elle n’a pas détaillé la provenance ni le financement, contrôleront « les camions ou les magasins où se distribuent les produits importés », s’ajoutant à ce qui se fait déjà en ports et aéroports. « C’est fondamental pour nos agriculteurs qui ne supportent pas qu’on puisse accepter sur notre territoire national des denrées produites à des conditions différentes des nôtres. C’est une concurrence insupportable à leurs yeux », a-t-elle déclaré, devant des palettes d’aubergines et de concombres amers venus du Kenya ou d’Afrique du Sud.
L’Union européenne « doit intensifier les contrôles »
Les agriculteurs expriment depuis des mois leur colère, liée notamment à l’accord de libre-échange entre l’UE et quatre pays du Mercosur, qui doit faciliter l’arrivée de produits aux normes de production souvent moins exigeantes que les normes européennes. « C’est un signal que je veux donner à nos producteurs, à l’ensemble des consommateurs français, mais aussi à l’Union européenne qui doit intensifier les contrôles des denrées importées » de pays tiers, a dit la ministre jeudi 15 janvier.
Le 7 janvier, un arrêté interdisant l’importation de denrées alimentaires avec des résidus de certains produits phytosanitaires interdits dans l’Union européenne a été publié. Il n’avait pas convaincu le secteur des fruits et légumes. Daniel Sauvaitre, président d’Interfel, l’interprofession des fruits et légumes frais, estimait que la mesure ne serait positive que pour les tomates, et dans une moindre mesure pour les pommes. Ce sont les seuls produits qui sont à la fois cultivés en métropole et importés de manière significative depuis les pays tiers.
400 pesticides interdits recherchés
En France, dans les ports et aéroports, outre des contrôles documentaires « systématiques », des échantillons sont prélevés et analysés en laboratoires d’État, expliquent les Douanes. Pour les végétaux, quelque 400 pesticides interdits sont recherchés, via des tests pouvant prendre jusqu’à 30 heures, a expliqué Frédéric Saltron, responsable du service commun des Laboratoires (Douanes et Répression des fraudes). Ces contrôles se font selon le produit et le pays d’origine, en fonction d’une liste dressée par l’UE, qui selon les cas impose un taux de test de 10 % à 50 %, selon les Douanes.