Rendre plus lisible et accessible les informations réglementaires sur les produits phytosanitaires : telle est l’ambition du projet européen AgriGuide, une initiative lancée en 2021 par CropLife Europe (1). Un de ses objectifs est de numériser l’étiquetage des produits phytosanitaires, conformément aux futures exigences réglementaires européennes.

« Le projet est bien avancé »

Avec plus de 900 étiquettes numérisées en Europe à ce jour, « le projet est bien avancé », se félicite Julien Durand-Réville, responsable agronomie digitale chez Phyteis. Julien Durand-Réville prévoit sa finalisation, pour la France, à début 2027, soit bien dans les temps par rapport à la première échéance du 1er janvier 2028. Le secteur de la protection des cultures sera ainsi le premier à adopter l’étiquetage numérique de ses produits.

Une fois la base de données suffisamment remplie, les agriculteurs pourront bénéficier d’un outil gratuit, disponible depuis une interface web ou une application mobile et « branchable » par des outils digitaux tiers. Des systèmes semblables à des QR-code compléteront les étiquettes traditionnelles apposées sur les bidons. L’utilisateur pourra ainsi, avec son téléphone, accéder directement aux données réglementaires du produit. Plus accessible, l’information sera aussi plus ciblée : « grâce à la recherche avancée, l’agriculteur pourra ne sélectionner que la réglementation qui concerne sa culture », illustre Julien Durand-Réville.

Lien avec le machinisme

AgriGuide se propose aussi d’être un support pour le remplissage numérique du registre phytosanitaire. Cette obligation réglementaire est fixée au plus tard au 1er janvier 2027 pour les États membres qui comme la France se sont donnés un délai d’un an supplémentaire. « AgriGuide n’a pas vocation à devenir un outil de plus, précise Julien Durand-Réville. Mais il faut savoir que dans d’autres pays européens, les agriculteurs n’ont pas accès à autant d’outils qu’en France. »

Des travaux sont en cours pour faire « des interconnexions » entre les outils existants. Des liens avec le matériel agricole sont aussi en développement. Depuis l’application, il pourra s’agir d’envoyer à la machine « des protocoles d’usage », afin qu’elle applique automatiquement le traitement correspondant, conformément aux conditions d’emploi. Cette connexion pourra notamment avoir son utilité vis-à-vis des ZNT (zones de non traitement) aux abords des points d’eau ou des zones habitées.

(1) Organisation fédérant les industriels du secteur de la protection des plantes en Europe, parmi lesquelles Phyteis.