« La laine ? Je suis tombé dedans quand j’étais petit, sourit Lionel Escoffier, éleveur de brebis mérinos d’Arles à Aureille, dans les Bouches-du-Rhône. Mon père a connu la chute des prix de ce sous- produit de l’élevage. Moi, j’ai la chance d’assister à son renouveau. »
En 2013, une trentaine d’éleveurs ont fondé le Collectif pour la promotion du mérinos d’Arles afin de valoriser les produits issus de cette race emblématique.
« C’est à la fois un enjeu économique et territorial, poursuit Lionel Escoffier. Nous voulons valoriser cette laine plutôt que de la voir partir en Asie sans valeur ajoutée. Autrefois, nous la vendions à la coopérative. Aujourd’hui, nous la commercialisons directement auprès d’un négociant spécialisé en fibres naturelles fines, Michaël Dal Grande. »
Des prix fluctuants
Ils sont soixante-dix éleveurs à travailler avec cet intermédiaire. « Cela nous a obligés à revoir nos pratiques, précise Lionel Escoffier. La tonte s’effectue sur des bâches, les parties souillées sont séparées, les animaux ne sont plus marqués avec de la peinture à l’huile mais à l’eau. »
Selon cet éleveur, les volumes écoulés auprès de ce marchand ont triplé en dix ans, soit 90 tonnes en 2025. Les prix sont toutefois fluctuants. « C’est un marché concurrentiel, précise-t-il. Cette année, j’ai vendu ma laine 1,20 €/kg. Ce n’est pas extraordinaire, mais cela me permet de financer le chantier de tonte. »
Une gamme de vêtements techniques
Avec ce négociant, les éleveurs ont aussi mis au point une ligne de vêtements techniques pour les sportifs (chaussettes, vestes, pulls…) sous la marque La Routo. Du même nom que le sentier pédestre reliant la Provence et l’Italie, créé par la Maison de la transhumance associée au projet.
La commercialisation des vêtements a été lancée l’an dernier. L’étape d’après ? La création d’une société coopérative et participative afin que les éleveurs aient un retour financier sur la vente de ces produits.