Gaël Dupont, agriculteur et viticulteur dans la Marne, est un « passionné de technique agronomique ». Parce qu’il aime « sortir de sa ferme », il intègre un groupe d’agriculteurs motivés par l’agroécologie (sol, agronomie et innovation). C’est par ce biais qu’il rejoint le mouvement associatif « Pour une agriculture du vivant » (PADV), dont il intègre ensuite le conseil d’administration. PADV réunit des acteurs de l’amont, de l’aval et des partenaires agricoles, dans une démarche collective visant à accélérer la transition agroécologique et structurer des filières.
Un score de 86 sur 100
L’association a créé un indice de régénération (IR) qui mesure les impacts des pratiques agricoles et sert de référentiel commun. Gaël Dupont en est l’un des ambassadeurs : il le teste depuis plusieurs années sur son exploitation, pour en éprouver la robustesse. L’IR se découpe en quatre axes : le sol, la plante, le paysage et la formation. En 2025, sa ferme a obtenu un score de 86 sur 100, soit un « excellent résultat ».
Sur la partie concernant le sol (60 points) est évaluée la couverture du sol sur l’année, un critère validé à 100 % par Gaël Dupont, qui met en place des couverts multi-espèces sur les intercultures longues comme courtes. Grâce à l’arrêt du labour dès son installation en 2006 et la mise en place de techniques culturales simplifiée et du semis direct sur plus de 30 % de sa surface, il obtient de bons résultats sur le critère d’intensité du travail du sol.
Taux de matière organique, restitutions de carbone aux champs et fertilisation azotée sont aussi pris en compte. Sur ce dernier critère, la présence de légumineuses dans la rotation (lentilles, féveroles) et dans les couverts, ainsi que l’apport de compost lui permettent d’obtenir le maximum de points.
« J’ai aussi travaillé à diminuer mes doses d’azote minéral, précise Gaël Dupont. Je vise une marge et non plus un rendement : là où, avant, je faisais 90 à 100 q/ha en blé, ma moyenne est entre 75 et 80 q/ha. En mettant moins d’azote, j’ai aussi moins de maladies. »
Les IFT herbicides coincent
La gestion phytosanitaire est au cœur de la partie plante (17 points). Semer ses cultures à 25 cm, ce qui les aère mieux, et le recours aux mélanges de variétés ou plantes compagnes a permis à Gaël Dupont de supprimer de ses itinéraires les régulateurs, insecticides et fongicides. Il utilise aussi un traitement de semences de biocontrôle.
Ses indicateurs de fréquence de traitements (IFT) herbicides se situent en revanche à +164 % par rapport à la moyenne régionale. « Je n’arriverai pas à les diminuer pour le moment, reconnaît-il. C’est le dernier point sur lequel j’essaie de travailler. »
Gaël Dupont fait notamment face à des problématiques de ray-grass et vulpins résistants. Ses mesures de prophylaxie sont néanmoins valorisées : l’implantation de cultures nettoyantes (luzerne), les intercultures supérieures à huit semaines avec couverts, ou encore le désherbage mécanique introduit depuis deux ans.
L’axe paysage (18 points) couvre des critères de biodiversité : le nombre d’espèces cultivées et les ressources pour les auxiliaires et pollinisateurs. Gaël Dupont obtient par exemple des points grâce aux haies qu’il a replantées ou encore ses couverts et cultures mellifères.
Enfin, la partie relative à la formation (5 points) valorise l’acquisition et le partage de connaissances. Il y a quatre ans, sa ferme obtenait un score de 70 sur 100 points. « L’indice permet de prendre conscience des points à améliorer, c’est une vraie démarche de progrès », estime-t-il.