« La commune, qui compte 1 050 habitants sur 2 900 hectares, a vendu 1 hectare sur un plateau céréalier pour financer l’achat de 3,44 hectares, dont 0,6 hectare de bois proches du village », explique Xavier Guiomar, maire de Châlo-Saint-Mars, dans l’Essonne. Les négociations foncières pour la vente et l’achat avec le même propriétaire ont débuté en juillet 2021, pour déboucher en février 2023. « Le coût pour la commune fut nul, précise l’élu, grâce à la vente de cet hectare, aux subventions de l’agence de l’eau Seine-Normandie (50 %) et de l’agglomération (30 %) pour l’achat de foncier non constructible (9 000 €/ha), et le droit d’éviction (5 000 €/ha). »
Dès juillet 2022, une annonce est publiée au sein du réseau du Groupement des agriculteurs bio d’Île-de-France pour trouver des porteurs de projet. En septembre, la commune achète à l’État un hangar de 200 m2 (6 000 €) situé à proximité qui pourra être aménagé en chambre froide, pièce d’accueil ou de lavage si besoin. Après trois candidatures qui n’aboutiront pas, celle de Renan Toullec et Océane Lemaire sera la bonne durant l’été 2023.
Produire en agriculture biologique
En novembre, la parcelle étant dans le périmètre rapproché de la station de pompage d’eau potable, l’Agence régionale de santé mandate un hydrogéologue qui donne un avis positif pour cultiver des légumes bio, mais interdit le pompage d’eau par la station existante. « Dans la foulée, j’apprends que la vente de la maison à proximité, qui possède un puits sur son terrain et qui se situe en dehors de l’aire rapprochée d’alimentation du captage, est imminente, se souvient Xavier Guiomar. Tout s’alignait pour favoriser l’installation du couple. » Tout s’accélère alors. En juin 2024, la promesse de vente de la maison est signée par Océane et Renan. La mairie octroie le permis de construire pour agrandir la maison en septembre et, en novembre, les trois acteurs signent la promesse du bail rural environnemental qui conditionne la conduite en bio.
Permis précaire de dix ans
Si la parcelle n’est pas constructible, l’aménagement de serres est possible grâce à un permis précaire de dix ans renouvelable, octroyé par la mairie. En janvier 2026, le bail de neuf ans est signé avec la mairie, des arbres fruitiers sont plantés et les serres sont montées. « Grâce à une attestation de la mairie précisant la non-utilisation de produits phytos sur la parcelle ces trois dernières années, nous devrions bénéficier directement de la certification en agriculture biologique (AB), explique Renan Toullec. Nous sommes aussi dans l’attente de l’autorisation de la DDT pour réaliser un forage de 15 mètres de profondeur à l’emplacement actuel du puits, et de l’attribution du volume alloué par l’organisme de gestion de la nappe de Beauce. »
Vente en Amap
À partir de fin mai 2026, les légumes seront vendus via une Amap proche de Paris (55 paniers par semaine à 20 € par panier) et en direct à la ferme. « Nous allons aussi développer une activité pédagogique, précise Océane Lemaire, qui était professeur des écoles avant sa reconversion. Nous accueillerons les scolaires du village et des communes voisines pour découvrir les fruits et légumes, et quelques poules pondeuses notamment. » Et l’élu de préciser : « Nous avons acheté deux parcelles de bois pour permettre un cheminement autour de la ferme relié au village et aux écoles par des sentiers. »