Les exportations de céréales françaises restent soutenues. Habasse Diagouraga, chargé d’études économiques à FranceAgriMer, a d’ailleurs parlé d’un bateau de blé tendre français vers l’Algérie de 5 000 tonnes, et un de 13 000 tonnes d’orge, lors de la conférence de presse mensuelle de l’office le mercredi 11 février 2026. « C’est marginal mais la dernière fois que l’on a exporté vers cette destination, c’était en juillet 2024, a-t-il rappelé. Le pays va-t-il revenir de façon continue aux achats ? Pour le moment, on ne le sait pas. »
Petite alerte sur le Maroc
Le blé tendre tricolore trouve en tout cas encore preneur, avec « toujours le même dynamisme dans le line up », a poursuivi Habasse Diagouraga. Petite alerte toutefois du Maroc, son principal débouché à l’exportation depuis le début de la campagne. Le pays a annoncé réduire la voilure à partir de mai pour laisser place à sa prochaine récolte, attendue cette année bien meilleure que les dernières campagnes fortement pénalisées par les sécheresses.
La concurrence des origines argentines et de l’Amérique du Nord est quant à elle bien présente, grappillant des parts de marché aux céréales françaises, notamment vers l’Asie, où l’Hexagone avait envoyé quelques volumes en début de campagne.
L’Arabie saoudite friande de l’orge française
Ces observations ont conduit FranceAgriMer à abaisser ses prévisions d’exportations de blé tendre tricolore vers les pays tiers, désormais estimées à 7,2 millions de tonnes (Mt) contre 7,5 millions de tonnes en janvier. À noter que sur la première moitié de la campagne 2025-2026 (juillet à décembre 2025), la France a exporté 7,7 millions de tonnes, contre 6,7 millions de tonnes en 2023-2024.
Les exportations d’orges ne sont pas en reste. 3,4 millions de tonnes ont été envoyées à l’étranger entre juillet et décembre, contre 2,2 millions de tonnes en 2024-2025, et comme en 2023-2024. « L’Arabie saoudite prend de plus en plus une part importante, a détaillé Habasse Diagouraga. Elle nous a déjà acheté 0,70 million de tonnes [et] on a au moins 0,12 million de tonnes [encore attendues] sur janvier. »
« La Chine quant à elle, stagne à 0,90 million de tonnes depuis les gros volumes qu’elle a fait en début de campagne. […] On a une orge assez compétitive aussi vers le Maghreb, la Libye, vers les pays d’Amérique latine tels que le Mexique, la Colombie, et même vers l’Inde et l’Irak dans le line up. »
FranceAgriMer a donc revu à la hausse, en février, ses prévisions d’exportations d’orge sur la campagne 2025-2026, à près de 6,3 millions de tonnes contre 6 millions de tonnes projetées en janvier.
Enfin, les ventes de maïs à l’exportation se sont elles aussi montrées dynamiques sur les six premiers mois de la campagne en cours, avec un cumul à 2,6 millions de tonnes contre 1,7 million de tonnes la campagne précédente et 1,8 million de tonnes en 2023-2024, selon FranceAgriMer.