"Arrêtons cette guéguerre idéologique suicidaire", lance Jean-Jacques Jarjanette, président de l’Association nationale pour le développement de la Haute valeur environnementale (HVE). Il réagit ainsi à la demande d’interdiction du label HVE déposée au Conseil d’État par la Fnab et des associations de consommateurs et environnementalistes.

Pas de concurrence entre bio et HVE

Ce collectif a demandé l’interdiction du label, car ce dernier serait, selon eux, "trompeur" vis-à-vis des consommateurs.  "Comment ne pas y voir de la part de ses organisations, une tentative de trouver un bouc émissaire au déclin du marché du bio, répond Jean-Jacques Jarjanette. Quand on dénigre systématiquement 90 % de l’agriculture française, ce n’est pas le bio que l’on favorise, ce sont les importations. […] Il y a la place et la nécessité pour une complémentarité des modèles agricoles qui permette de couvrir l’ensemble des besoins alimentaires et de garantir la qualité de notre alimentation."

Selon le président de l'association, la HVE n’aurait pas vocation à concurrencer l’agriculture biologique. "Une nouvelle démarche élitiste n’aurait pas de sens, souligne-t-il. La HVE assume son statut de certification environnementale, mais dans le cadre d’une agriculture conventionnelle en phase avec les contraintes budgétaires des ménages."

Un dispositif qui contraint les intrants

Selon la Fnab et le collectif d’associations, le nouveau cahier des charges HVE autoriserait encore "l’utilisation d’intrants chimiques comme des engrais et pesticides de synthèse particulièrement néfastes pour l’environnement ou pour la santé humaine". "Le dispositif contraint très fortement le recours aux intrants de synthèse aussi bien sur le plan quantitatif que sur leur classe de risque, précise Jean-Jacques Jarjanette. Quant à systématiquement assimiler les produits de synthèse à des produits particulièrement néfastes, c’est oublier que les pesticides et engrais autorisés et utilisés en bio peuvent présenter des classes de risques similaires aussi bien pour l’utilisateur que pour l’environnement."