La FNSEA et Jeunes Agriculteurs (JA) ont salué lors d’une conférence de presse au Sommet de l’élevage, le 5 octobre 2022, l’accélération du calendrier de l’indemnisation du régime des calamités agricoles pour les exploitations touchées par la sécheresse. Les versements d’acomptes auront lieu en novembre dans les départements éligibles selon les mesures présentées la veille par Marc Fesneau en ouverture du salon à Cournon dans le Puy-de-Dôme. 

Une première fois qui satisfait la FNSEA

«  C’est la première fois que des indemnités du régime des calamités seront versées aussi vite alors qu’il faut attendre jusqu’au mois d’avril habituellement », a commenté, à La France Agricole, Christiane Lambert. La présidente de la FNSEA se réjouit également des premiers versements d’aides Pac promis pour le 16 octobre 2022. « C’est de l’argent qui arrive plus vite et de manière importante », a ajouté Christiane Lambert.

Une analyse identique à celle de Marc Fesneau. « Si je suis honnête intellectuellement, ce n’est pas de l’argent en plus, c’est de l’argent qui arrive plus vite, a déclaré le ministre en ouverture du Sommet de l’élevage, le 4 octobre 2022. L’objectif est de faire en sorte que la trésorerie arrive rapidement pour faire l’acquisition du fourrage pour ne pas avoir une charge qui conduise à une décapitalisation. »

«  Aucun système n'est parfait » pour Marc Fesneau

Se prêtant à une séance de questions-réponses avec des éleveurs, le ministre de l’Agriculture est également revenu sur la polémique entourant les cartes satellitaires servant de base à la nouvelle assurance récolte. Les éleveurs critiquant le décalage entre les données présentées sur les cartes et ce qu’ils constatent dans leurs prairies.

«  La cartographie permet d’aller assez vite. S’il fallait aller dans chaque exploitation faire des expertises, je ne sais pas quel temps cela nous prendrait. Il n’y a aucun système qui est parfait. Au moment où l'on a fixé les paramètres, on savait que tout ça était connu », a admis Marc Fesneau. Il se dit prêt néanmoins à ouvrir le sujet sur la manière de compléter ces données cartographiques par des enquêtes de terrain.

La FNSEA a d’ailleurs annoncé qu’elle travaillait sur un projet de décret permettant aux agriculteurs d’exercer un recours individuel s’il juge les données cartographiques en décalage avec le terrain.

Un «  plan énergie » réclamé

Si les mesures d’urgence concernant le régime des calamités agricoles satisfont le syndicalisme majoritaire, FNSEA et JA espèrent des décisions concernant la hausse des charges et notamment de l’énergie. 

Si Christiane Lambert continue de pointer du doigt les « pratiques scandaleuses » des distributeurs qui ne proposent pas de prix couvrant suffisamment les hausses de charges auxquelles sont confrontés les industriels de l’agroalimentaire et les producteurs, la présidente de la FNSEA demande aussi des mesures de soutiens.

« Le gouvernement n’a pas suffisamment pris conscience de la hausse du coût de l’énergie. Nous avons énormément besoin d’un plan énergie », a estimé Christiane Lambert, interrogée par La France Agricole. Elle attend d’ailleurs «  beaucoup » sur ce point de la prochaine réunion des ministres européens de l’énergie qui se tiendra dans une semaine.

Christiane Lambert demande notamment la possibilité de produire « davantage d’électricité verte » et de «  déplafonner les méthaniseurs pour qu’ils puissent produire 10 % d’énergie en plus ». Elle se déclare favorable au développement de l’agrivoltaïsme, mais avec certaines limites que le syndicat avait d’ailleurs discutées avec Emmanuel Macron dans le cadre du projet de loi sur les énergies renouvelables.

Aucune « garantie » sur les coupures d’énergies

Même si les températures dépassent facilement les 25 degrés au Sommet de l’élevage, la douceur ambiante ne fait pas oublier les craintes sur la tension encourant les réseaux d’énergie. Le 29 août devant le Medef, la Première ministre Élisabeth Borne avait prévenu d’un risque de « coupures brutales de gaz » cet hiver, mais aussi d’électricité en précisant que « les entreprises seraient les premières touchées ».

Interrogée par La France Agricole, Christiane Lambert s’inquiète de ne pas avoir à ce jour de «  garanties » sur l’absence de coupures pour le secteur agricole et agroalimentaire. «  Nous ne cédons pas à la panique, mais nous attendons que les ministères se prononcent. Il n’est pas possible d’envisager des restrictions », a déclaré la présidente de FNSEA. Et d'ajouter que certaines Draaf ont commencé à interroger certaines industries agroalimentaires sur les conséquences de brèves coupures sur leur activité.