Avis de grand vent dans les pales.  Le gouvernement a présenté le 26 septembre 2022 son projet de loi relatif à l'accélération de la production d'énergies renouvelables. Deux semaines avant, en guise de préambule, Emmanuel Macron avait annoncé à Terres de Jim dans le Loiret vouloir réduire les délais de réalisation de projets d'énergies renouvelables afin que ce qui « se fait en 2 ans se fasse en 2 mois ».

« Avancer sur l'agrivoltaïsme »

Une ambition finalement plus mesurée dans le projet de loi qui doit « matérialiser l'ambition portée par le président de la République de diviser par deux les délais, à hauteur de ce qui est pratiqué chez nos voisins européens », selon le compte-rendu du Conseil des ministres. « Il faut en moyenne cinq ans de procédure pour construire un parc solaire nécessitant quelques mois de travaux, sept ans pour un parc éolien et dix ans pour un parc éolien en mer », décrit le document.

Inaugurant justement le premier parc français éolien en mer au large de Saint-Nazaire le 22 septembre 2022, Emmanuel Macron a déclaré vouloir « avancer sur l'agrivoltaïsme » qu'il voit comme un » potentiel très important de complément de revenus « pour le secteur agricole. S'il a insisté sur la nécessité d'instaurer des « garde-fous », il a promis que le gouvernement présentera en ce sens « un amendement au projet de loi avant son passage au Sénat ».

La crainte de la spéculation

Alors qu'il était en Loire-Atlantique, Jeunes agriculteurs expliquait le même jour avoir décidé "de durcir le ton et de s'opposer à la poursuite de tous projets agrivoltaïques" en demandant un moratoire. Le syndicat dénonce notamment le "manque d'encadrement par la loi" et craint que l'agrivoltaïsme alimente la spéculation sur le foncier. Il privilégie l'installation de panneaux photovoltaïques "sur les terres déjà artificialisées, notamment les terrains pollués, les toitures, les couvertures de parking".

La Confédération paysanne a elle aussi exprimé ses inquiétudes dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron le 20 septembre. Elle qualifie l'agrivoltaïsme de "notion de marketing qui vise à légitimer un opportunisme foncier et financer dans un contexte économique et climatique difficile à supporter pour le monde paysan". Le syndicat entendait dénoncer ses effets "pervers" comme l'artificialisation, "la précarisation des paysans et paysannes" ou "la perte de la qualité de vie au travail".