Alors que Marc Fesneau est attendu demain en Auvergne pour l'ouverture du Sommet de l'élevage, le ministre de l'Agriculture a annoncé, ce 3 octobre 2022 lors d'un comité national de gestion des risques agricoles (CNGRA), qu'un acompte de 50 % sur les aides du fonds des calamités serait versé dès novembre 2022.

Avance du calendrier

"C’est une avance du calendrier assez exceptionnelle mais à la mesure de l’intensité de la sécheresse que nous connaissons", a fait savoir son cabinet. Sur la base des cartes indicielles évaluant la pousse de l'herbe, les départements les plus touchés par la sécheresse seront préreconnus éligibles au Fonds national de gestion des risques (FNGRA - ex-fonds des calamités), dès le comité du 18 octobre 2022. Pour être éligible, un département doit justifier d'un taux de perte de fourrage d'au moins 30 %.

Ces acomptes permettront "un apport de trésorerie crucial et immédiat pour les éleveurs les plus touchés" et éligibles à l'aide du fonds des calamités. Le paiement des soldes sera effectué d'ici à la fin du mois de décembre 2022, a ajouté le ministère de l'Agriculture.

Habituellement, les premiers dossiers sont examinés en comité en novembre (après la fin d'octobre et la fin de la période de pousse de l'herbe) et les premiers acomptes sont versés au plus tôt au début de l'année suivante.

La Confédération paysanne déçue

A la sortie du CNGRA, Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne, a salué le versement d’un acompte dès novembre.  Il regrette cependant que le dispositif des calamités agricoles laisse sur la touche certains exploitants. Il cite notamment «  les éleveurs qui ont décapitalisé sans enregistrer de pertes de chiffre d’affaires » et ceux pénalisés dans la vérification de leur éligibilité en raison des sécheresses qu’ils ont déjà subies les années précédentes. Nicolas Girod est déçu qu’aucune mesure de soutien supplémentaire d’urgence n’ait été mise sur la table par Marc Fesneau. «  Ce n’est que l’accélération de mesures déjà annoncées  », a-t-il commenté. Le syndicat estime que les annonces du ministre ne sont pas à la hauteur.

De son côté le Modef a fait savoir, dans un communiqué du 3 octobre, qu’il prend acte des mesures proposées par le Ministre, « mais regrette qu’aucune interdiction ne soit prise concernant les cultures agricoles dédiées à la méthanisation ».

Le syndicat réclame également  le blocage des prix de la paille et du foin « afin de stopper la spéculation » et estime qu’il est urgent d’agir face à la décapitalisation des cheptels.