En 2025, la coopérative bretonne Savéol a produit 77 000 tonnes de tomates et autres produits (aubergines, concombres…), soit + 3,5 % sur un an. Les volumes de fraises s’élèvent à 3 000 tonnes. La coopérative, qui compte 121 maraîchers sur 282 hectares, affiche un chiffre d’affaires en hausse de 10 % sur un an, à 264 millions d’euros. Si elle se réjouit de cette « création de valeur », des défis restent néanmoins à relever, en particulier celui de la concurrence, a indiqué Thierry Gallou, son directeur, le 23 février 2026 à l’occasion d’une conférence de presse organisée au Salon de l’Agriculture.

Les tomates marocaines produites « dans d’autres conditions »
La concurrence européenne et étrangère est « très importante », notamment en provenance du Maroc où les tomates sont produites « dans d’autres conditions, juge Pierre-Yves Jestin, le président de Savéol. On va continuer à se renforcer, assure-t-il, nous sommes d’excellents compétiteurs. »
« En France, une tomate sur deux consommées » vient de l’importation, alors que dans les nouveaux modes de consommation, « l’assiette se végétalise », observe Thierry Gallou. Savéol conforte par ailleurs sa place de leader de la troisième voie, c’est-à-dire hors conventionnelle et biologique, avec sa gamme cultivée sans pesticides de synthèse. Lancée il y a 10 ans, elle atteint 58 % de parts de marché sur le segment. Désormais, 90 % des tomates produites par Savéol sont cultivées sans pesticides, « un atout à faire valoir face à la concurrence », estime Catherine Legal, directrice marketing de la coopérative.
Pour 2026, « les cultures sont en place et la production a démarré », indique Pierre-Yves Jestin. Les productions sous serres sont « à l’abri » des intempéries et l’état sanitaire « permet d’envisager une belle campagne 2026 », juge-t-il. Les producteurs vont par ailleurs « accélérer la production de Floriguette », une nouvelle variété de fraise lancée en 2025, passant d’une surface de 10 000 m² à 4 hectares en 2026.
Vers des pratiques plus durables
La coopérative a par ailleurs mis l’accent sur une « trajectoire agroenvironnementale », avec des « intrants biosourcés », comme l’utilisation de ficelles de coton, ou le remplacement du plastique pour soutenir la tomate par des matières biocompostables. Savéol vise par ailleurs 40 % des surfaces de serres reliés à de l’énergie renouvelable en 2030.
Les charges de production ont, en conséquence, « beaucoup progressé », reconnaît Pierre-Yves Jestin. Il estime que la hausse des charges liée aux intrants biosourcés, est de « 5 à 6 % entre 2025 et 2026 ». La main-d’œuvre reste néanmoins le premier poste de charges. « Pour une tomate médiane, la main-d’œuvre représente 40 % du coût de production, et 58 % en tomates cerises », explique-t-il.
Savéol se réjouit par ailleurs de l’installation de sept nouveaux adhérents en 2026, en majorité des reprises, et avec une serre en construction sur un site existant.