C’est la troisième année que « l’effet ciseau » est constaté en blé : les prix de vente ne couvrent pas les charges de production. En 2025, le seuil de commercialisation moyen s’est établi à 230 €/t selon les données prévisionnelles de l’observatoire Arvalis-Unigrains. Le prix de vente prévisionnel est, quant à lui, évalué à 165 €/t plus ou moins 15 €/t.
« D’énormes disparités entre les exploitations »
Le constat est similaire pour d’autres grandes cultures : les bilans mondiaux sont lourds, ce qui a globalement tiré les cours à la baisse. Cela pèse sur le résultat des exploitations spécialisées en céréales et oléoprotéagineux. Pour ces dernières, le revenu courant avant impôt par actif s’annonce une nouvelle fois dans le rouge à l’échelle nationale. Il y a « d’énormes disparités entre les exploitations », soulignait Oscar Godin, du pôle en charge de l'économie et des systèmes multiperformants chez Arvalis.
Les blés français ont de l’avance (08/12/2025)
Les associations spécialisées des grandes cultures de la FNSEA ont été reçues « en urgence » le 2 décembre 2025 par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Elle leur a indiqué « vouloir demander l’activation de la réserve de crise européenne pour les grandes cultures, cibler un dispositif d’allègements de charges et plaider l’exclusion des engrais du MACF [mécanisme d’ajustement du carbone aux frontières, NDLR]. » La responsabilité de la crise « dépasse le seul ministère de l’Agriculture », estiment les syndicats, qui en ont appelé au soutien du président de la République.