La progression ininterrompue du prix de base au Marché du porc breton (MPB) depuis le 17 février dernier a pris fin le 10 octobre 2022. Sur cette période, la référence est passée de 1,272 à 2,053 €/kg. Elle s’est depuis repliée pendant plus d’un mois, dans le sillage des autres cotations européennes, avant de se stabiliser à 1,810 €/kg, le 14 novembre.

- Le prix du porc en France s’est repliée pendant plus d’un mois, dans le sillage des autres cotations européennes.

Le MPB dépeint un contexte de "hausse saisonnière des offres et de demande insuffisante, impactée par une inflation qui semble devenue incontrôlable". À l’échelle européenne, "la demande des abatteurs est peu dynamique, comme celle des maillons plus en aval", confirme Elisa Husson, ingénieure d’études économiques à l’Institut du porc (Ifip).

La Chine a moins acheté en Europe

Le commerce avec les pays tiers ne permet pas de compenser l’accalmie sur le marché communautaire. D’après Eurostat, en cumul de janvier à août 2022, les exportations européennes de viande porcine (1) ont reculé de 20,8 % par rapport à la même période en 2021. Ce repli est essentiellement imputable à la chute de 54 % des volumes envoyés en Chine, qui représente encore 31,4 % du commerce hors Union européenne.

- Les exportations européennes de viande porcine ont nettement reculé sur les huit premiers mois de l'année 2022, par rapport à la même période de 2021.

Toutefois, sur cette période, d’autres destinations asiatiques se sont avérées plus porteuses, telles que les Philippines (+37,4 % en volume par rapport à 2021), le Japon (+35,5 %), ou encore la Corée du Sud (+53,2 %). D’après l’Ifip, la négociation d’un accord de régionalisation vis-à-vis de la peste porcine africaine (PPA) entre l’Union européenne et la Corée du Sud pourrait améliorer la situation du marché porcin européen.

Recul de l’offre

D’autant que sur le Vieux Continent, l’offre est en nette baisse dans la plupart des bassins producteurs. La Commission européenne anticipe un recul de 5 % de la production de viande de porc en 2022. "L’Allemagne, la Pologne, la Belgique, la Roumanie et l’Italie sont les plus touchés", pointe Bruxelles. D’après l’Ifip, le cheptel danois est aussi en déclin. "Le nombre de truies est au plus bas avec 1,15 million de têtes, un niveau jamais atteint depuis 1995."

En France, depuis le début de l’année, les abattages reculent de l’ordre de 2,5 %, "se situant en deçà de la consommation", constate Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture. De quoi soutenir les importations, mais aussi le prix du porc. À cet égard, Pascal Le Duot, directeur du MPB, se veut plutôt optimiste pour les prochains mois, "même si les charges en élevage, telles que l’aliment et l’énergie, demeurent très élevées", souligne-t-il.

(1) hors envois vers le Royaume-Uni.