Le ministère fédéral allemand de l’Alimentation et de l’Agriculture (BMEL) a annoncé le 28 octobre 2022 le retrait prochain des certificats vétérinaires pour les exportations vers les pays tiers (hors Union européenne) de bovins, ovins et caprins vivants destinés à la reproduction.

Il entend ainsi réduire drastiquement le transport d'animaux vivants de l'Allemagne vers les pays tiers. Cette mesure, qui entrera en vigueur le 1er juillet 2023, fait suite au retrait des certificats vétérinaires pour les exportations de tous les animaux destinés à l'engraissement et à l'abattage.

Favoriser les exportations de matériel génétique

"Au lieu de transporter des animaux vivants pour l'élevage, l'accent sera davantage mis sur l'échange de matériel génétique ou l'amélioration de l'élevage chez les partenaires commerciaux", indique le ministère. Ce dernier prévoit, par exemple, de s’accorder avec des pays tiers sur des certificats vétérinaires pour l'exportation de semence bovine.

Pour que ces restrictions nationales ne soient pas contournées, par exemple en exportant d’abord vers un autre État membre, "nous avons […] besoin de toute urgence de meilleures règles communes en Europe", a souligné le ministre Cem Özdemir.

Il s’était déjà prononcé en faveur d’une interdiction des transports des animaux vivants sur une longue distance dans toute l’Union européenne.  Un document "sur la protection des animaux pendant le transport" a été adressé en juillet dernier à la Commission européenne. Associé à ses homologues danois, belge, néerlandais et suédois, il souhaitait attirer l'attention sur l'urgence d'une adaptation de la législation européenne sur le transport des animaux.

Plusieurs ONG ont réagi positivement à cette annonce. Par le biais d’un communiqué publié le 3 novembre 2022, Welfarm a notamment approuvé la volonté du ministre de porter cette interdiction au niveau européen.  

En bovins, impact limité pour le pays 

L'Allemagne n'exporte que peu de bovins destinés à l'abattage et à l'engraissement (591 têtes en 2021, sur les 762 000 de l'Union européenne à 27), dénombre Caroline Monniot, agroéconomiste à l'Idele (institut de l'élevage). Sa part dans les exportations de l'Union européenne est plus importante en bovins reproducteurs, avec 31 000 sur 217 000 têtes en 2021.

"Les exportations de reproducteurs vers pays tiers sont [toutefois] sur une dynamique baissière depuis plusieurs années : 82 000 en 2017, 71 000 en 2018, 56 000 en 2019 et 42 000 en 2020, détaille-t-elle. La baisse du cheptel laitier, qui se poursuit [comme ailleurs en Europe], conduit et conduira à une baisse du disponible exportable en génisses reproductrices."