"Jamais les récoltes n’ont été aussi hétéroclites avec des grandes zones où la production a été plus que médiocre et d’autres ou les apiculteurs ont réussi de belles miellées". Voilà comme l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) décrit la récolte de miel 2022, dans un communiqué de presse diffusé le 10 octobre 2022.

Hormis dans le Sud-Est où la sécheresse se faisait déjà ressentir, les abeilles ont profité de floraisons printanières globalement bonnes après un hiver doux, laissant espérer une bonne récolte, retrace l’Unaf. Puis les conséquences du manque de pluies ont gagné une large partie du territoire, réduisant à néant certaines miellées.  

Hétérogénéité

"Les régions du sud de la Loire sont celles qui ont le plus souffert du changement climatique", note l’Unaf. Acacia, romarin, thym, garrigue, lavande, bourdaine, bruyère … Les récoltes y sont globalement mauvaises, impactées par le manque d’eau, les gelées ou les incendies (sud-ouest).

Au contraire, les apiculteurs de Bretagne et du Bassin parisien semblent "plutôt satisfaits de leur saison". Tout comme dans les régions de luzerne ou de sainfoin. Les récoltes de colza et de fleurs de printemps sont elles aussi jugées bonnes dans la plupart des régions.

Inquiétudes pour le futur

"En raison du manque d’apport de nectar qui a engendré des réserves plus que réduites pour l’hivernage et de la prédation conjuguée du frelon asiatique et du frelon européen très présents cette année, de nombreux apiculteurs […] sont inquiets et se demandent si leur cheptel parviendra à survivre à l’hiver dans de bonnes conditions", alerte l’Unaf.

L'organisation syndicale avait sollicité en juillet dernier les services de l’État pour la mise en œuvre des calamités agricoles, rappelle son président Christian Pons.