Les confinements successifs avaient été l’occasion pour beaucoup d’installer des ruches. Ces apiculteurs de loisirs apparus en 2020 n’ont pas poursuivi en 2021. Près de 700 apiculteurs de moins de 50 ruches ne se retrouvent pas dans les statistiques publiées par FranceAgriMer. Certes, cette catégorie de « petits » ruchers regroupe encore 65 139 déclarants, soit la très grande majorité des 70 847 apiculteurs en France, mais leur diminution s’observe pour la première fois dans les chiffres globaux du secteur depuis six ans, selon les déclarations enregistrées au ministère de l’Agriculture (DGAL).

 

À l’inverse, le nombre d’exploitations avec des ruchers conséquents augmente : la France compte 5 788 apiculteurs déclarant plus de 50 ruches. C’est 5 % de plus qu’en 2020. Et, parmi eux, la catégorie qui augmente le plus est celle des « plus de 400 ruches » (824 exploitations ; +7,7 % en un an). Il en résulte une évolution du profil type de l’apiculteur français, plus structuré, plus jeune, plus formé.

 

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Profil de l’apiculteur

La taille moyenne des exploitations apicoles augmente en 2021 à 26 ruches. Cependant, la taille moyenne des « plus de 50 ruches » passe à 220 ruches, entamant une remontée sans toutefois atteindre les niveaux d’avant les confinements (239 ruches en 2019).

 

La moyenne d’âge des apiculteurs est assez élevée, 56 ans, parce que l’activité apicole des amateurs commence autour du départ en retraite. La moyenne d’âge des exploitations apicoles de plus de 50 ruches reste encore élevée, mais s’affaisse d’une décennie (46 ans). Toutefois, la pyramide des âges de cette catégorie montre uns structure plus équilibrée. Les 30-40 ans représentent 27,5 % de l’échantillon enquêté par FranceAgriMer.

 

La pluriactivité, qui est quasi la règle en dessous de 50 ruches, ne touche que 4 % des exploitations apicoles de plus de 400 ruches. Les profils de formation sont là encore bien différents selon la taille des exploitations : un diplôme agricole est rare (environ 3,5 % de la population) chez les amateurs au profit de l’autoformation (30 %) ou des échanges entre collègues. Les apiculteurs déclarant de plus de 50 ruches sont un quart à être formés spécifiquement. Le taux d’autoformation (17,9 %) ou d’échanges entre collègues reste tout de même élevé.

La production de miel en France

Les plus gros ruchers assurent l’essentiel de la production de miel en France : 36,9 % sont réalisés par les exploitations de plus de 400 ruches. Avec 19 802 tonnes de miel, la production française de 2021 est parmi les plus faibles jamais enregistrées. Elle est en recul de 17,7 % par rapport à celle de 2020 qui, à l’inverse, avait été qualifiée d’excellente.

 

Le rendement est estimé à 14 kilogrammes par ruche en 2021, soit 39,6 % de moins que l’année précédente. Les apiculteurs professionnels obtiennent un meilleur rendement (19 kg par ruche) que les amateurs (10 kg par ruche).

 

Moins sensible à la météo de 2021, c’est le miel de tournesol qui est le plus produit en France (15 %), devant le colza et la lavande (un peu plus de 12 % chacun). 43 % de la production est réalisée en transhumance, une pratique pour accéder à d’autres miellées qui est quasi inexistante chez les apiculteurs amateurs.

 

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