Elles demandaient un rendez-vous depuis janvier et l’ont obtenu le 15 avril 2022 : les sections basque et béarnaise de la Confédération paysanne se sont entretenues avec le chef de cabinet du préfet et la DDPP (Direction départementale de la protection des populations). Au menu, la grippe aviaire et sa gestion, sources de revendications pour le syndicat, rapporte à La France AgricoleJean-Louis Campagne, éleveur en charge du dossier grippe aviaire à la Confédération paysanne du Béarn.

 

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À l’appel de l’organisation syndicale, entre cinquante et cent manifestants se sont rassemblés devant la préfecture « pour alerter sur la mise en danger de l’élevage en plein air qui se renforce toujours plus dans la gestion gouvernementale » de l’épizootie.

« Reconnaître nos systèmes d’élevage »

Le syndicat portait aujourd’hui deux principales revendications, détaille Jean-Louis Campagne : « On demande une reconnaissance de nos systèmes d’élevage — autarcie, petite taille, diversité de productions — qui ne contractent que rarement la maladie. On demande des chiffres là-dessus et la remise en place de la dérogation (1) à la claustration obligatoire des volailles lors de périodes à risque, pour le bien-être de nos animaux. »

 

Si le chef de cabinet a fait valoir son droit de réserve, le directeur de la DDPP a « un peu plus argumenté », raconte-t-il à l’issue du rendez-vous. « On a insisté pour faire remonter nos revendications. En principe ils le font. »

Interrogations sur le redémarrage

La délégation a également fait part de ses interrogations sur la gestion du redémarrage, qui devrait avoir lieu « rapidement » dans le Sud-Ouest. Le syndicat déplore un redémarrage de la production « poussé » par l’administration et les coopératives, « sans rien changer à la structuration de l’industrie de la volaille. »

 

Pour le ministère et le Conseil d’État (1), « la seule mesure c’est de confiner les animaux. Mais on voit bien avec cette nouvelle crise que ça ne marche pas », ajoute Jean-Louis Campagne.

 

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« La fraude » du plein air

Autre point abordé, la « fraude » sur l’étiquetage plein air : « On arrive au sixième mois de confinement, et ce n’est pas encore terminé. Pourtant en magasins, on trouve toujours des étiquettes plein air, dénonce Jean-Louis Campagne. Ça, il va falloir le faire savoir au consommateur. Il va falloir que l’État fasse ce qu’il faut. »

 

Si le syndicat a été jusqu’à maintenant occupé par la gestion de la crise, il envisage des actions de sensibilisation en magasins. « On verra si ça se passe dans les jours à venir, ou si on attend le redémarrage. »

(1) Cette dérogation, qui permettait aux élevages de petite taille de se soustraire au confinement des volailles, a été annulée à l’issue de la crise 2020-2021, dans le cadre de la mise en place de nouvelles mesures de biosécurité pour éviter de nouvelles épidémies. Mesures vivement contestées par le syndicat, qui a déposé plusieurs recours devant le Conseil d’État. Ce dernier les a toutefois tous rejetés le 5 avril 2022.