Dans le bocage bressan de Saône-et-Loire, autour de Louhans, les sorties des premières plaquettes bocagères produites par une demi-douzaine d’exploitations ont démarré cet hiver. Environ 500 MAP (mètre cube apparent) ont été vendus. L’objectif est d’atteindre rapidement 2 500 MAP avec dès 2018, deux sessions par an de déchiquetage du bois, en janvier et en avril.

« La production de plaquettes bocagères, à partir des haies, lisières de bois et bosquets, est une opportunité de valoriser une ressource, actuellement considérée comme une charge », explique Didier Laurency, le président de la coopérative Bourgogne du Sud. En effet, le coût d’entretien annuel d’un kilomètre de haie a été chiffré en moyenne à 400 euros (matériel et temps passé).

Nouvelle niche

Cette nouvelle activité peut constituer une voie possible de diversification pour des exploitations céréalières ou de polyculture-élevage confrontées aux aléas de marché et de climat. Après les légumes de plein champ, activité remise en cause il y a plusieurs années par la fermeture de l’usine Daucy, puis les productions de semences (maïs, fourragères), la coopérative explore de nouvelles niches. « En proposant des petits ateliers complémentaires, précise Didier Laurency, nous souhaitons sécuriser les revenus de nos adhérents et de préserver l’avenir de nos exploitations à dimension humaine (environ 120 ha par UTH en semences-grandes cultures). » En Saône-et-Loire et dans le sud de la Côte-d’Or, la coopérative Bourgogne du Sud regroupe 4 000 adhérents en grandes cultures, élevage et viticulture. En 2016, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 165 millions d’euros (250 millions d’euros les bonnes années).

Chaufferies collectives

Créé dans le cadre d’un partenariat avec les chasseurs et les collectivités locales, la filière bois plaquettes est destinée dans un premier temps à approvisionner les chaufferies collectives de proximité : centre aquatique de Louhans, écoles et maisons de retraite du secteur. Des contrats d’apport d’un ou trois ans, avec un cahier des charges portant sur le calibrage et la propreté des plaquettes, la qualité du séchage, l’assemblage essences, la régularité de l’approvisionnement, sont en cours de signature. « Pour répondre aux appels d’offres des collectivités, il faut écraser au maximum les coûts et valoriser les synergies possibles. Le premier chantier de déchiquetage a été réalisé par l’un de nos adhérents qui avait déjà une machine. » Les chaufferies sont approvisionnées par le matériel roulant de la coopérative. Une plate-forme de stockage des plaquettes a été louée à une entreprise locale.