« Je vous le reconfirme, il n’y aura pas de vaches », a déclaré le président du Salon international de l’agriculture (Sia), Jérôme Despey, lors d’une conférence de presse, le mardi 10 février 2026. Malgré la demande d’Emmanuel Macron de réexaminer l’interdiction des bovins au Salon, l’organisateur du Sia a botté en touche en rappelant qu’il continuera à « respecter le choix » des organismes de sélection des races bovines.

Pas de vaches, mais la présence des politiques sera sûrement importante. Après plusieurs semaines de colère agricole, les syndicats attendent toujours des annonces concrètes. Ainsi, les organisateurs du Sia se préparent à « encadrer » les visites politiques. Arnaud Lemoine, directeur du Ceneca, a pourtant insisté sur le fait que le salon devait rester un événement à destination du grand public et non pas un « salon des politiques ».

Les organisateurs de l’évènement ont détaillé leurs mesures. Pour faire cohabiter au mieux politiques et visiteurs, une charte régit les plus de 80 visites institutionnelles. Celle-ci prévoit des délégations de 25 personnes au maximum ou des horaires aménagés. Le tractage et les manifestations sont interdits. Le Salon est « un lieu de débats, pas de combats », a précisé Arnaud Lemoine, directeur du Ceneca, organisme propriétaire de l’évènement.

Pas seulement un « salon des politiques »

Pour préserver l’esprit de « convivialité » du Salon, Arnaud Lemoine a également insisté sur le fait que le Sia devrait rester un événement grand public et non pas un « salon des politiques ». « Tout le monde a sa place au Salon dans le calme et la sérénité. »

Malgré tout, ces derniers temps, les appels au boycott de l’évènement se multiplient. Plusieurs conseils départementaux et chambres d’agriculture ont indiqué ne pas se rendre au Sia, pour plusieurs raisons, en partie politiques.

De son côté, la Confédération paysanne a indiqué ne pas participer à l’inauguration présidentielle de l’évènement, samedi 21 février, dénonçant un « show » déconnecté du terrain. Le syndicat met en cause la stratégie d’abattage face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et l’absence de mesures structurelles pour les paysans.

Le hall 1 restructuré

Pour l'édition de 2026, l’organisation du Sia s’adapte à la situation sanitaire actuelle. Le hall 1, dont une grande partie est habituellement consacrée des vaches, sera restructuré. Le ring central accueillera des démonstrations d’animaux, des concours et des spectacles équestres. Des créneaux seront également réservés aux organismes de sélection des races bovines. Ils pourront présenter des produits, des films ou encore des duplex en direct depuis des fermes. Deux autres rings mettront à l’honneur les concours porcins et ovins. Pour rappel, les volailles seront aussi absentes du Sia, comme c’est le cas depuis 2019 en raison de la grippe aviaire.

Par ailleurs, le hall 2 du parc des expositions de la Porte de Versailles sera entièrement réservé à « l’agri’culture ». Un cinéma, une librairie mais aussi une exposition d’objets insolites prendront place dans cet espace. Les visiteurs pourront aussi assister à des concerts de musiques folkloriques ou pastorales.

Pour voir d’autres animaux, les visiteurs se rendront dans le hall 4 afin d’entendre des chiens aboyer ou des chats miauler. Dans ce même espace, les cultures et filières végétales seront aussi mises en avant. De plus, pour observer encore d’autres animaux, les équins ou les asins, les visiteurs n’auront qu’à se rendre dans le hall 6. Enfin, pour se délecter de bons produits rendez-vous dans le hall 7. Réparti sur trois niveaux, il accueillera les produits de treize régions métropolitaines et de cinq régions d’Outre-mer. Trente pays seront aussi représentés, dont douze disposants de pavillons institutionnels.

Une réunion avec les autres salons pour « mieux anticiper les épizooties »

Si les organisateurs du Sia ont ajusté leur programme en raison de la crise de la DNC, reste à savoir si l’évènement attirera autant de visiteurs que d’habitude. Interrogé à ce sujet, Jérôme Despey, président du Salon, estime qu’il est « prématuré » de dire si l’absence de vaches aurait un impact sur la fréquentation (600 000 visiteurs sur une dizaine de jours en moyenne ces dernières années).

Le Sommet de l’élevage qui s’est tenu sans bovins en octobre près de Clermont-Ferrand avait observé une baisse de fréquentation assez importante. À l’issue de l’édition de 2026, Jérôme Despey s’est donc engagé à réunir autour d’une table les organisateurs d’autres salons agricoles afin de « mieux anticiper les épizooties ».