Il n’y aura pas de bovins au prochain Salon international de l’agriculture (Sia), du 21 février au 1er mars 2026. Ces dernières semaines, les uns après les autres, des organismes de sélection de races bovines (OS) ont annoncé qu’ils ne viendront pas à l’évènement. Mardi 13 janvier 2026, le contexte sanitaire lié à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a poussé les organisateurs du Sia à annuler la présence des vaches au Salon.

Si pour Jérôme Despey, président de l’évènement, il s’agit d’un « coup dur », cette décision a été prise par « solidarité » pour les éleveurs touchés par l’épizootie. En plus de soixante ans d’existence, c’est « inédit ». Il s’agit de la première fois que les bovins ne s’aligneront pas sur les rings du Concours général agricole (CGA).

« C’était la meilleure solution en raison de la situation sanitaire »

« Ce n’était pas un choix facile à prendre mais c’était la meilleure solution en raison de la situation sanitaire », affirme Céline Le Ru Le Laurent, présidente de Prim’Holstein France. Après avoir sondé certains éleveurs de son OS, l’éleveuse, aussi représentante de l’association Races de France, a recueilli beaucoup de « réactions positives ». Au sein de son instance, aucun exploitant se serait opposé à la décision des organisateurs du Sia.

Du côté des éleveurs de Race Aubrac, même son de cloche. « On en a aucun en désaccord avec le Sia, ils ont tous été très responsables et ont pensé collectifs », souligne Cyril Leymarie, président de l’organisme de sélection de la race originaire du sud du Massif central. Pour lui, dans le contexte actuel, monter à Paris pour le Salon de l’agriculture n’aurait « pas eu de sens ».

Au sein de son association, les avis concernant l’absence de bovins sont contrastés. « Il y a des éleveurs soulagés et d’autres qui expriment une pointe de regret de ne pas pouvoir montrer leurs animaux au grand public », lance Cyril Leymarie, président de l’organisme de sélection.

D’après Jean-Marc Alibert, président de France Limousin sélection, chaque année, il y a de nouveaux éleveurs qui se rendent pour la première fois au Salon de l’agriculture. Pour eux, ne pas aller à Paris est décevant. « Avec la situation sanitaire, l’ambiance était tellement morose qu’il y a une envie moins importante que d’habitude d’être présent porte de Versailles. »

« Pas d’animaux mais un stand oui »

Si certains éleveurs ont craint la propagation de la DNC, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, a pourtant déclaré dimanche 18 janvier 2026 au micro du « Grand rendez-vous » d’Europe 1/Les Échos/CNews qu’il n’y aurait « pas de risque à emmener des bovins au Salon de l’agriculture ».

Pour l’OS Gasconne des Pyrénées, cette prise de parole est « paradoxale ». « Une bonne partie de notre cheptel se situant en zone réglementée ou vaccinale, de fait, aucun de nos éleveurs ne pouvait se rendre au Salon », indique Émile Jouhet, président de l’organisation de race bovine. Lundi 12 janvier 2026, dans une lettre adressée à la ministre de l’Agriculture, le groupe Gasconne des Pyrénées expliquait refuser de présenter ses animaux au Salon de l’Agriculture 2026 et exigeait une politique d’abattage sélectif.

« Pas d’animaux mais un stand oui », précise Émile Jouhet. Même sans vaches, l’organisme de sélection bovine participera au Sia en faisant la promotion du label rouge ou des produits estampillés sous le nom de leur race.

« Réaffirmer que l’élevage français est une richesse collective »

Dans le hall 1, du parc des expositions de la porte de Versailles, comme les bovins ne seront pas présents, les filières « volailles et œufs de France » prendront leur place. Pour la première fois, les professionnels de ce secteur s’installent dans le plus grand espace du Salon. Tout au long des neuf jours de l’évènement, de nombreuses animations seront proposées. « Les consommateurs seront également invités à tester leurs connaissances sur les œufs et les volailles », a présenté la filière dans un communiqué publié lundi 19 janvier 2026.

Dans le même hall, avec ou sans animaux, les quatre associations spécialisées ruminantes, FNEC (fédération Nationale des Éleveurs de Chèvres), FNPL (fédération nationale des producteurs de lait), FNO (fédération nationale ovine) et FNB (fédération nationale bovine) ont assuré qu’elles seront au Salon malgré le contexte sanitaire actuel.

Dans un communiqué du vendredi 16 janvier 2026, elles certifient se rendre au Sia pour « partager la passion de leur métier et réaffirmer que l’élevage français est une richesse collective ».