La FDSEA de la Manche s’insurge contre des prix du poireau inférieurs à 2 € du kilo sur les étals de la distribution et demande que cessent ces « bradages ». Dans son communiqué du 4 février, le syndicat interpelle : « le prix au cadran est tellement bas qu’il ne couvre plus les charges ».
Douceur du climat
Le marché du poireau est en situation de « crise conjoncturelle » depuis le 29 janvier 2026 selon le réseau des nouvelles des marchés (RNM) de FranceAgriMer. Cette dénomination intervient lors d’une situation de prix à l’expédition « anormalement bas pendant 2 ou 5 jours ouvrés consécutifs » selon le produit (cinq jours dans le cas du poireau). L’indicateur de marché du poireau affiche un prix en retrait de 36 % par rapport à la référence hebdomadaire (moyenne olympique des cinq dernières campagnes). Dans ce cadre, des dispositions de modération des marges de distribution sont prévues.
Dans une note publiée le 29 janvier, le service statistique du ministère de l’Agriculture (Agreste) estime que « la douceur du climat » au dernier trimestre 2025 n’a pas incité à la consommation de poireaux. La production française, d’un « niveau proche de la production de la campagne précédente (+ 1 % sur un an) et inférieure de 2 % à la moyenne quinquennale », est « faiblement valorisée. »
Le poireau figure au premier rang en termes de chiffres d’affaires des près de 500 exploitations produisant des légumes dans la Manche.
« Une chute de l’ordre d’une dizaine de millions d’euros »
Alertant sur la dégradation des marchés des productions d’hiver depuis novembre, la FDSEA de la Manche évoque également des prix en baisse historique de 65 % sur les choux. Au 9 février, FranceAgriMer indique une situation nationale de « prix anormalement bas » au 9 février (-28 % de l’indicateur de prix par rapport à la moyenne).
« Les chiffres d’affaires dévissent pour tous les légumes produits dans le département. Des données de l’organisation économique font déjà apparaître une chute de l’ordre d’une dizaine de millions d’euros pour la ferme légumière de la Manche », chiffre la FDSEA.
Dans un communiqué diffusé le 10 février, Auchan, Carrefour, le Groupe Casino, Coopérative U et Intermarché « appellent les consommateurs à soutenir les agriculteurs ». Les distributeurs y écrivent que « ces dernières semaines, des conditions climatiques exceptionnellement douces ont accéléré la production en grande quantité de poireaux. Si les volumes ne sont pas consommés très rapidement, ils risquent d’être perdus, entraînant une chute des prix pour les producteurs ». Les enseignes annoncent renforcer les volumes du poireau français référencés, faire des mises en avant en magasin, et « ajuster » les prix « pour soutenir l’écoulement de la production ».