En plus de la surface fourragère principale de l’exploitation, les surfaces complémentaires (1), telles que les vignes, les vergers, les grandes cultures, ou les surfaces des collectivités comme des entreprises… peuvent offrir une ressource intéressante pour les troupeaux. La pratique de ce pâturage traditionnel retrouve aujourd’hui un regain d’intérêt. Il représente parfois une alternative à l’entretien mécanique ou chimique des surfaces.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, la tradition s’est toujours maintenue. Les exploitations de brebis laitières de la montagne envoient une partie de leur troupeau sur les fermes de polyculture de la plaine pendant l’hiver. C’est le cas du Gaec Hegoalde, qui accueille des agnelles du Gaec Joanes Haundi pendant 7 mois (lire « Les agnelles prennent le relais des blondes d’Aquitaine sur les prairies » et « Tisser des liens ». Les brebis valorisent les prairies à partir du mois d’octobre derrière les blondes d’Aquitaine, et consomment les couverts au début du printemps, avant l’implantation du maïs.

Sur le même modèle, petit à petit, d’autres partenariats se mettent en place pour valoriser les vignes ou les vergers. Des céréaliers ou des producteurs de fruits montent aussi un élevage, le plus souvent d’ovins, pour pâturer leurs parcelles. Il n’y a pas de frein à la valorisation de ce couvert généralement riche. Le programme Brebis_Link qui les a étudiés n’a pas relevé de problèmes de toxicité liée au cuivre ou aux produits phytosanitaires (lire « Peu de risques de toxicité relevés »). C’est toutefois une décision qui doit se prendre à l’issue d’une réflexion complète pour bien cadrer le travail et l’entente avec son partenaire (lire « Cadrer le projet de pâturage ».

Au regard des millions d’hectares que représentent ces surfaces complémentaires, à l’échelle de notre territoire, il n’est pas impossible que les projets se multiplient.

Marie-France Malterre

(1) Appelées aussi surfaces additionnelles.