«depuis le début de la crise, les éleveurs ont perdu près de 30 % de leur revenu annuel », alertait la Fédération nationale bovine le 11 décembre 2020. Alors que les restrictions sanitaires contre la Covid-19 restent de mise partout en Europe, les opérateurs peinent à voir le bout du tunnel. « En ce début d’année 2021, les cours des broutards mâles demeurent toujours bien inférieurs aux niveaux des années précédentes », rapporte Alix Gérardin, économiste à l’Institut de l’élevage (Idele). Pour Stéphane Philibert, directeur de Parma Charolais, « nous arrivons à une période de soudure entre l’ancienne et la nouvelle campagne où l’offre en broutards est plus limitée ». « Il reste à savoir si la baisse des disponibilités sera suffisamment marquée pour impulser une remontée nette des cotations », ajoute Ilona Blanquet, de l’Idele.

Pour maintenir l’équilibre de marché, l’une des pistes est le renforcement des actions de communication dans les pays tiers, dont la demande porte principalement sur les mâles. « Une première rencontre avec les importateurs tunisiens devrait avoir lieu en juin 2021 », indique Interbev. Autre stratégie engagée, la préparation sanitaire des broutards qui apporte une plus-value aux naisseurs impliqués dans la démarche.

Du côté des femelles, les cours ont été moins perturbés grâce à une demande italienne en augmentation constante. « Cette viande de génisse est reconnue de qualité supérieure par les consommateurs, qui lui restent fidèles. Elle subit moins, de fait, la pression des promotions des grandes surfaces », explique Daniele Bonfante, directeur commercial de la coopérative Azove, en Italie.

Lucie Pouchard