Un maire du Piémont, « non dépourvu d’humour, à qui il était demandé ce que coûtait la modification du zonage et des règles d’urbanisme, répondit de façon lapidaire : “Le maire”. Restreindre les zones constructibles ou ne pas les développer assez pouvait aisément coûter sa réélection au maire en place », raconte l’agriculteur Jean Vogel, dans son livre L’Appel des Saâles, paru en septembre dernier.

Ce récit des vicissitudes d’un premier élu d’une commune de 849 habitants, dans le Bas-Rhin, est idéal pour appréhender ce à quoi chaque édile des espaces ruraux doit faire face au quotidien, et combien il importe que des agriculteurs continuent à peser dans ces premières instances. Car, si la profession reste l’une des plus représentées à la tête des communes (20,18 %, actifs et retraités compris), les exploitants élus le sont en très grande majorité dans les zones rurales dites « éloignées », que les néoruraux atteignent peu.

Proches des villes, les communes rurales voient arriver toujours davantage de nouveaux habitants en quête d’un terrain ou d’une vie moins chers. Jeunes ménages, familles monoparentales, retraités… : tout dépend des accès à la ville et de ses emplois, tant que la campagne est calme. C’est là la confusion. À l’instar des agriculteurs soumis à expliquer leur métier et ouvrir leurs portes, nombreux sont les maires ruraux contraints désormais d’exposer aux arrivants ce qu’est une commune à la campagne.

Dans le cadre des élections municipales, qui auront lieu les 15 et 22 mars, des élus ont accepté de nous raconter les tensions auxquelles ils sont exposés, ainsi que les solutions trouvées pour rassembler ruraux et néoruraux.

Dossier réalisé par Rosanne Aries