« Beaucoup d’éleveurs cherchent à soigner leurs animaux avec des méthodes alternatives, mais dans de nombreux de cas, il faut d’abord s’interroger sur les pratiques zootechniques », insiste Edwige Bornot, docteur vétérinaire. La praticienne insiste sur la distinction entre médecine individuelle et médecine de troupeau. « Si l’on se pose les bonnes questions sur sa conduite d’élevage, on aura au final assez peu besoin des médecines alternatives, comme des pratiques allopathiques ».

Edwige Bornot, qui pratique laphytothérapie et l’aromathérapie, considère que ces médecines gagnent à être associées aux pratiques allopathiques traditionnelles. Si peu de substances sont autorisées, il est malgré tout possible de raisonner les pratiques allopathiques. « Un soin de plaie ou d’abcès ne passe pas nécessairement par la voie antibiotique. Un bon nettoyage, avec éventuellement un pansement au miel, ou à l’huile de tea tree ou de lavande peut suffire ».

L’aromathérapie peut également être utilisée via la pulvérisation. Dans ce cas, pas de contact direct entre l’animal et le produit. « Des mélanges à base d’huiles essentielles de pin et de girofle permettent de désinfecter les bâtiments pour éviter les problèmes respiratoires ». Mais la réglementation reste une limite. Si un mélange à base de palmarosa, calandula et tea tree a fait ses preuves contre les infections utérines, avec des résultats similaires à ceux affichés par les antibiotiques, le remède ne bénéficie pas d’autorisation.

Par ailleurs, « les traitements systématiques à l’aromathérapie peuvent être aussi nocifs que l’usage répété des antibiotiques. Les produits sont très concentrés », alerte la vétérinaire. L’utilisation des huiles essentielles camphrées sur les bovins peut engendrer des saisies de carcasse en raison d’odeur anormale. Sans compter qu’aucune limite maximale de résidus n’est proposée pour bon nombre de ces produits. Impossible, donc, de savoir si ces substances peuvent se retrouver dans le lait.