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En maïs, s’organiser contre les insectes foreurs

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Lutte contre la pyrale et la sésamie - En maïs, s’organiser contre les insectes foreurs
Arvalis rappelle que la nuisibilité moyenne des insectes foreurs (ici la sésamie) est importante, avec en moyenne 7 % de perte de rendement par larve ou par galerie présente par plante. © J.-M. Nossant

Les moyens de lutte dépendront de l’insecte visé, pyrale et/ou sésamie.

En 2020, la pyrale a été plutôt discrète sur maïs. En revanche, de très fortes attaques de sésamies ont été observées, notamment dans le grand Sud-Ouest. Cette situation s’explique par un hiver doux, mais aussi par des conditions humides au moment des récoltes. Le broyage des cannes n’a pas toujours été réalisé dans de bonnes conditions.

La sésamie gagne du terrain

« La pression paraît s’accentuer sur le territoire, ajoute Aude Carrera, ingénieure régionale Sud-Ouest chez Arvalis. Nous pouvons avancer l’hypothèse de l’effet du réchauffement climatique. » En effet, la sésamie a tendance à progresser vers le nord : elle a été signalée en Bretagne, une région peu concernée jusqu’alors. À cela s’ajoute une hausse du nombre de générations dans les secteurs qui n’ont connu auparavant qu’un seul vol. C’est notamment le cas, depuis deux ans, en Alsace.

Dans les situations les plus à risque (lire l’encadré), une intervention avec un insecticide ou des trichogrammes préservera rendement et qualité sanitaire. Les trichogrammes, qui représentent 22 % du marché, devront être positionnés en début de vol de papillons de pyrale. Les insecticides seront, quant à eux, employés au plus proche du pic de vol pour la pyrale, et une à deux semaines après pour la sésamie. « Quand on a les deux populations ou des vols étalés, il est conseillé, pour atteindre correctement sa cible, de fractionner autour du pic de la date optimale », ajoute la spécialiste.

Le moyen de lutte dépendra du ou des foreurs visés. Dans ses essais, Arvalis a ainsi démontré que Coragen (chlorantraniliprole) décroche par rapport à Karaté Zéon (lambda-cyhalothrine) sur sésamie. Coragen a été également évalué par rapport au spinosad, présent dans Mezalid, nouvelle formulation de cette molécule déjà comprise dans Success 4. Ainsi, Mezalid à 3 ou 4 litres a montré une meilleure efficacité que l’ancienne formulation. « Si, sur sésamie, tout ce qui est à base de spinosad décroche, on voit tout de même l’intérêt de la nouvelle formulation », ajoute Aude Carrera.

Conditions d’emploi modifiées

D’autres essais ont comparé Coragen au Dipel DF, un produit à base de Bacillus thuringiensis, homologué depuis peu (comme Xentari et Costar WG), spécifique à la pyrale. Son efficacité s’est révélée décevante par rapport à la référence. Arvalis insiste sur l’importance des conditions d’utilisation d’un tel produit : plus il y a d’humidité après le traitement et moins il sera efficace.

Pour la campagne à venir, il faut noter que Mezalid ne possède pas de mention abeille et dispose d’un DVP (dispositif végétalisé permanent) de 20 mètres. Il ne peut être utilisé qu’une seule fois par campagne sur maïs grain et fourrage, et deux fois sur maïs doux et semences. Les mêmes règles valent aussi pour Coragen, qui a désormais un DVP de 5 mètres. Ces deux produits ne pourront être positionnés qu’en début de cycle avant sortie de la panicule sur grain et fourrage. Sur maïs doux et semences, et avec deux générations, le second passage sera autorisé tardivement pendant la formation des grains et le remplissage.

Céline Fricotté

Cibler en priorité les parcelles à risque

Les parcelles sont dites à risque si la présence de foreurs est régulière ou si de fortes attaques ont été notées pendant la campagne précédente. Arvalis ajoute que les parcelles à proximité de bandes enherbées ou de jachères seront aussi davantage attaquées. Il faut également prendre en compte la gestion des résidus, les cannes pouvant servir d’abri aux lépidoptères pendant l’hiver. Ainsi, plus le broyage des cannes est réalisé rapidement après la récolte, plus il sera efficace. Il faudra, par ailleurs, protéger en priorité les maïs destinés à l’alimentation humaine, pour ne pas rencontrer de problèmes de qualité.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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