Quels freins et quelles opportunités pour le développement des cultures riches en protéines ou à bas niveaux d’intrants ? Le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a financé une étude pour y répondre, les pouvoirs publics encourageant la progression de ces cultures de diversification pour plus d’autonomie.

Publiée le 11 octobre 2022, elle a été réalisée par Céresco (1), l'IAR (2) et AgroParisTech Innovations et concerne pois, féverole, lupin, lentille, pois chiche, luzerne, soja, tournesol, colza, lin, chanvre, lin fibre et miscanthus.

Transformer pour plus de valeur ajoutée

Les auteurs énumèrent plusieurs freins au développement de ces cultures. Parmi eux, les rendements relativement faibles dus aux conditions climatiques aléatoires et à la pression sanitaire avec le retrait progressif de certaines molécules, qui ne sont pas compensés par le prix de vente. Ces cultures de diversification se retrouvent donc en concurrence avec d’autres cultures spécialisées « qui génèrent plus de marge à l’hectare » avec moins de risque, analysent-ils.

Ce qui justifie « la nécessité de stimuler le développement de nouvelles valorisations sur le territoire national, afin d’accompagner la croissance des surfaces promues par la stratégie nationale sur les protéines végétales par une demande soutenue de marchés rémunérateurs. »

Les auteurs identifient un autre levier : celui de la transformation de ces cultures pour gagner en valeur ajoutée et générer plus d’emplois à l’hectare.

Transformer en France

Pour transformer, encore faut-il développer des outils de transformation sur le sol français « pour limiter la fuite de la valeur et des emplois potentiels » vers nos voisins européens chez qui de nouvelles unités fleurissent, soulignent les auteurs.

La multiplication des unités est toutefois elle-même dépendante de ses approvisionnements en matières premières. Il est donc impératif que les outils de transformation dépassent leur taille critique et atteignent ainsi un équilibre économique.

Valoriser les coproduits

Enfin, la valorisation des coproduits issus de ces nouvelles productions pourrait améliorer la rentabilité économique. Elle sera même « cruciale pour un développement pérenne des surfaces », estiment les auteurs, citant comme exemple le chènevis, l’anas de lin ou encore l’huile de soja.

« En parallèle, des travaux de recherche et de développement pourraient être menés pour identifier les métabolites secondaires d’intérêt présents dans les fractions des différents produits et coproduits des cultures de diversification », ajoutent-ils. Acides aminés essentiels et vitamines dans la luzerne, composés phénoliques dans le miscanthus ou encore isoflavones pour le soja, sont par exemple évoqués.

(1) Une société de conseil spécialisée dans le secteur agricole et agroalimentaire.

(2) Réseau de la bioéconomie en France.