C’est une spécificité dont se seraient passés les céréaliers ariégeois et haut-garonnais. Ici se développe une adventice, la peu connue ambroisie trifide. « Il faut s’en préoccuper dès qu’on la repère, témoigne Christian Serres, céréalier à l’Isle-en-Dodon (Haute-Garonne).L’an dernier, sur un fond de champ de 2 hectares, j’ai préféré tout broyer, y compris mon maïs, parce qu’elle avait pris le dessus. »

L’ambroisie trifide, en effet, est « extrêmement concurrentielle des cultures et elle peut être immense », assure Anne-Marie Ducasse-Cournac, coordinatrice Occitanie de la lutte contre l’ambroisie à la Fredon. Et elle est plus difficile à éliminer que sa cousine à feuilles d’armoises, beaucoup plus répandue.

« Il y a des désherbants, mais l’ambroise trifide peut germer depuis des profondeurs importantes, donc ça ne règle pas tout, énonce-t-elle. S’il y en a peu, on peut les arracher à la main ou au sarclet. Mais il faut être sûr qu’on l’a bien arrachée en profondeur. » Avec un enjeu : l’éliminer avant qu’elle n’ait grainé. Ce d’autant plus que c’est quand elle est en fleur qu’elle diffuse son pollen allergène. La rotation des cultures peut être un levier intéressant sur un champ bien infesté.

Expérimentation par drone

Reste alors une question : comment reconnaître cette adventice ? Réponse de la spécialiste : « Elle a deux gros cotylédons arrondis et les premières feuilles sont trilobées. Ensuite, elle est drue comme un gros pied de tournesol et va le dépasser en taille ».

Pour espérer la repérer au plus tôt, la Fredon, la Draaf Occitanie et la société Abelio viennent de lancer une expérimentation. L’idée est de survoler par drone les parcelles infectées dans le but de créer un algorithme qui repérerait l’ambroisie trifide. Mais l’objectif est aussi d’alerter les agriculteurs. En effet, cette indésirable tend à prendre ses aises dans des départements voisins, le Tarn et le Gers.