Moins d’un mois. La Commission européenne ne compte pas attendre davantage et vise la date du 12 janvier 2026 pour signer l’accord commercial avec le Mercosur au Paraguay, ont indiqué des sources européennes à l’AFP vendredi 19 décembre, confirmant une information du média spécialisé Euractiv. L’exécutif européen espérait parapher ce traité de libre-échange dès samedi au Brésil, mais il a été contraint de reporter, faute d’aval d’un nombre suffisant d’États membres jusqu’ici. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’était toutefois dite « confiante » sur la possibilité de faire aboutir l’accord en janvier.

Manifestations à Bruxelles

Les agriculteurs européens sont vent debout contre cet accord et une dizaine de milliers d’entre eux, plus de sept mille selon les autorités, ont manifesté à Bruxelles jeudi, en marge d’un sommet européen entre chefs d’État et de gouvernement. La FNSEA, premier syndicat agricole français, a appelé ses adhérents à rester mobilisés malgré le report, car « le Mercosur, c’est toujours non ! ».

Négocié depuis plus de 25 ans, ce traité de libre-échange permettrait notamment à l’Union européenne d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux en Argentine, au Brésil, au Paraguay et en Uruguay. Dans le sens inverse, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les filières concernées.

Berlin considère la signature du traité acquise

Le report en janvier est un revers pour la Commission européenne, l’Allemagne et l’Espagne qui poussaient pour une signature dans les prochains jours. Mais la signature du traité entre l'Union européenne et les pays du Mercosur est désormais acquise, a assuré Berlin vendredi. « On ne demande plus si (l’accord sera signé) mais quand il le sera », a déclaré le porte-parole adjoint du gouvernement, Sebastian Hille, lors d’un point avec la presse. L’Allemagne considère que l’Italie est désormais « à bord ».

Du coté français, Emmanuel Macron a demandé que le texte « change de nature », avec davantage de garanties pour les agriculteurs. Il a réclamé en parallèle « le maintien des revenus de nos agriculteurs dans la future » politique agricole commune (Pac). Le président français n’exclut pas d’accepter l’accord en janvier, mais il est « trop tôt pour le dire », a-t-il déclaré à Bruxelles à l’issue du sommet européen.