« C’est la première fois que le monde des grandes cultures va pouvoir se lancer sur le marché des crédits carbone », se félicite Samuel Vandaele, président de la SAS France Carbone Agri (FCAA), le 14 septembre 2022 au salon Space, à Rennes. Pour son troisième appel à projets, la plateforme d’intermédiation en crédits carbone agricoles va utiliser la méthode « grandes cultures ».

« Les deux premiers appels à projets ont exclusivement concerné la partie élevage. Cette fois, les exploitations spécialisées en grandes cultures peuvent aussi prétendre à la vente de crédits carbone. « Il s’agit également d’inscrire la partie végétale des exploitations de polyculture-élevage dans la démarche. Elles ont notamment un réel atout avec la valorisation des effluents », précise Samuel Vandaele

Au minimum 40 euros la tonne

Le prix de vente unitaire du crédit carbone (ou de la tonne de carbone) sera d' « au minimum 40 euros, assure le président de FCAA. Des discussions sont en cours avec les acteurs ». Il promet que 80 % de la somme reviendra aux agriculteurs. « Les paysans toucheront au minimum 32 euros. Cinq euros reviendront à l’association locale ou régionale qui réalise le diagnostic et accompagne le projet, et trois euros seront fléchés vers FCAA, qui dépose les dossiers de labellisation et gère la mise en marché. »

Pour Samuel Vandaele, « il faut garder cette philosophie de renvoyer le maximum de valeur à l’agriculteur. L’objectif n’est pas de mettre en place une machine à cash pour les actionnaires. Nous devons encourager la production agricole à entrer dans une démarche de transition et cela passera par le prix ». Des discussions sont également envisagées avec la SAS Epiterre pour faire valoir les effets positifs des exploitations sur la biodiversité.

« Sans limite ni plafond »

Si les deux premiers appels à projets ont totalisé plus de 700 000 tonnes de carbone pour 1 232 éleveurs, ce troisième volet est « sans limite ni plafond », souligne Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. « Nous travaillerons par pallier de mille agriculteurs pour le dépôt des labellisations auprès du ministère de Transition écologique », complète Samuel Vandaele.

Pour les deux responsables, la nouvelle loi énergie climat « ouvre des opportunités ». « La compensation de la réouverture des centrales à charbon pourrait représenter 4,5 millions de tonnes de carbone sur 2022-2023, expose Christiane Lambert. Celle des vols intérieurs pourrait atteindre 1,5 million de tonnes ».