Qui dit décapitalisation du troupeau allaitant, dit forcément moins de veaux disponibles. Depuis 2022, cette érosion du cheptel français affectait principalement les exportations de broutards tandis que les engraisseurs de jeunes bovins augmentaient leur production dans l’Hexagone. « Cette dynamique a montré un réel fléchissement en 2025 », observe l’Institut de l’élevage dans ses prévisions pour l’année 2026 diffusées ce jeudi 22 janvier 2026.
La dermatose perturbe le marché des broutards (16/01/2026)
Les abattages de jeunes bovins chutent
En 2025, les abattages de taurillons et taureaux ont chuté de 4,6 % pour s’établir à 339 000 tec (tonnes équivalent carcasse) au lieu de 355 000 tec en 2024. Pour 2026, l’Institut prévoit que 332 000 tec sortiront des ateliers français d’engraissement.
Qu’est-ce qui explique ce repli ? « La forte augmentation des prix du broutard a bien été suivie par une augmentation importante des cours du jeune bovin fini, mais de manière retardée », avance l’Idele. Conséquence, des naisseurs engraisseurs ont privilégié la vente en maigre.
Le contexte sanitaire a aussi pu compliquer la donne, entre l’épizootie de fièvre catarrhale ovine (FCO) et la maladie hémorragique épizootique (MHE). Comment ? En affectant les croissances des jeunes bovins, justifie l’Idele. L’Institut évoque aussi « une certaine surmortalité des mâles. La production de jeunes bovins de type viande a ainsi diminué de 5 % en 2025, malgré des cours porteurs. »
Le poids des épizooties
Quant à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), elle a pesé sur les ventes de broutards en dehors de nos frontières. Même si, « malgré les interdictions localisées liées à la propagation [du virus], les exportations ont largement moins baissé que l’année précédente », calcule l’Idele. En 2024, la France a exporté 946 000 broutards, et seulement 915 000 en 2025 (- 3,2 %).
« Nous estimons que ce mouvement va se poursuivre en 2026 et que la baisse des disponibilités, particulièrement élevée sur cette cohorte touchée par les épizooties, se répercutera […] sur les exportations de broutards, attendues en baisse de 3,7 % (mâles et femelles confondus), [et] la production de jeunes bovins de type viande, autour de 2,6 %. » Quant à celle de taurillons de type laitiers, elle continuerait à reculer suivant la tendance des années précédentes.
Les exportations françaises de broutards tomberaient donc sous la barre des 900 000 têtes en 2026. L’Institut de l’élevage les estime à 882 000 têtes (- 3,7 %). Du côté des jeunes bovins, « les gains de poids soutenus par les cours permettront d’atténuer la baisse, avance l’Institut de l’élevage. Nous attendons au total une production de taurillons et taureaux en baisse de 2,6 % en têtes et de 2,1 % en tonnage. »