La consommation européenne de viande de volaille devrait passer de 15,1 kg par an et par habitant en 2025 à 16,5 kg en 2035. C’est ce que révèle la Commission européenne dans ses prévisions pour 2025-2035 concernant la filière de la viande de volaille et des œufs.
Une consommation en plein essor
Jusqu’en 2035, la consommation de volaille dans l’Union européenne continuerait de croître grâce au consommateur qui perçoit la volaille comme une option pratique, saine et durable. La forte demande de la part des secteurs de la restauration et de la transformation alimentaire participerait également à cette croissance. Les habitants de l’Union européenne devraient ainsi consommer 1,4 kg de volaille de plus par an d’ici à 2035.
Concernant les œufs, ils resteraient perçus comme une source de protéine économique et saine. Ainsi, sa consommation devrait progresser de 0,5 % par an entre 2025 et 2035 pour atteindre 14 kg par habitant et par an dans l’Union européenne en 2035. La Commission européenne explique notamment cette progression par une population vieillissante, consommant davantage d’œufs, et une demande importante des industries de la transformation des œufs.
Œufs : Une consommation très dynamique (22/12/2025)
Un léger ralentissement de production
En raison de cette demande croissante et des prix favorables, la production avicole a lentement continué son développement en 2025. Une tendance qui se poursuivrait durant la prochaine décennie avec une augmentation de 965 000 tonnes entre 2025 et 2035, soit une croissance de 0,7 % par an. Cette progression serait encouragée par des opportunités d’exportation en progression.
La production d’œufs augmenterait de 0,5 % par an jusqu’en 2035, soit à un rythme légèrement inférieur à la dernière décennie (2015-2025). La productivité de l’Union européenne dans le secteur des œufs sera soutenue par l’automatisation, la numérisation et la génétique. Mais, à court terme, elle sera freinée par les politiques de bien-être animal et la fin des pratiques d’élimination des poussins mâles et du sexage in ovo des œufs.
Des importations en hausse
En raison de l’évolution positive des prix à l’échelle mondiale et la demande importante dans l’Union européenne, les prix de la volaille européenne atteindraient environ 2 850 € la tonne, d’ici à 2035. Cette augmentation des prix devrait entraîner une augmentation des importations européennes de viande de volaille en provenance du Brésil, du Royaume-Uni et de la Thaïlande. Ainsi, les importations de l’Union européenne devraient atteindre 955 000 tonnes de volaille en 2035, soit +1,1 % par an entre 2025 et 2035.
Les exportations devraient progresser grâce à une demande mondiale toujours plus forte (2,5 millions de tonnes d’ici à 2035), notamment au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie. Grâce à la hausse de sa production de volaille, l’Union européenne devrait amplifier ses exportations de 0,8 % par an, atteignant plus de 2,1 millions de tonnes d’ici à 2035.
Cependant, la part de l’Union européenne dans les exportations mondiales resterait stable, autour de 12,5 %. La production européenne serait ainsi victime de la concurrence de la production d’autres pays.
L’Union européenne devrait continuer à importer des œufs en provenance de pays tiers, notamment de l’Ukraine, qui représente 60 % de ses importations d’œufs en 2025. Une augmentation de 2,7 % par an est attendue si l’Ukraine continu ses exportations au même niveau qu’en 2025.
Malgré une consommation mondiale importante (+13 % d’ici à 2035), le commerce international d’œufs resterait limité en raison de la périssabilité du produit mais aussi de la grippe aviaire hautement pathogène (GAPH) et du coût de transport. Les exportations de l’Union européenne devraient tout de même croître de 1,7 % par an entre 2025 et 2035, grâce à la demande croissante d’œufs des pays voisins et l’intérêt important du Japon pour l’albumine.
Toutefois, la GAPH viendrait défier la filière avicole. En effet, durant la prochaine décennie, la Commission européenne estime que la grippe se propagerait durant toute l’année.