Une chute de 4,5 % de la demande en colza du secteur du biocarburant est attendue d’ici 2035 dans l’Union Européenne (UE), prévoit la Commission européenne dans son rapport publié le 16 décembre 2025. À l’inverse, la demande alimentaire se maintiendrait en faveur de la filière de tournesol.
Des rendements stables
Malgré une météo de plus en plus imprévisible, l’expansion des zones à faible rendement et une disponibilité réduite des produits phytosanitaires, les rendements de colza devraient rester globalement stables à l’horizon 2035, autour des 31,0 q/ha. Cela s’expliquerait par l’adoption des technologies, le recours aux biopesticides et le développement de pratiques durables, qui viendraient atténuer les effets négatifs.
Un phénomène comparable est attendu pour le tournesol, dont les rendements connaîtraient une très légère progression de 0,1 % par rapport à la période 2023-2025, pour atteindre 19,0 q/ha en 2035.
Une production légèrement en hausse
La production européenne de colza resterait stable à 18,4 millions de tonnes, limitée par l’affaiblissement de la demande en biocarburants et de la disponibilité des produits phytosanitaires.
En revanche, la production de graines de tournesol pourrait enregistrer une petite croissance de 0,2 % par an, derrière le soja (+ 0,7 % par an) et les légumineuses (+ 0,8 % par an).
La production de tournesol a reculé de 3 % en 2025 (06/01/2026)
Ces deux dernières filières contribueraient à une hausse de la production européenne totale de graines oléo-protéagineuses, qui pourrait atteindre 36,1 millions de tonnes d’ici 2035 (+ 2,5 % par rapport à 2023-2025).
Une demande en colza qui chute
Une demande moins élevée en colza par le secteur du biocarburant entraînerait une baisse du taux de trituration des graines de colza, estimée à -5,1 % par rapport à 2023-2025, pour atteindre 22,3 millions de tonnes. Cette diminution serait en partie compensée par une demande plus élevée en soja.
La trituration de tournesol resterait stable autour des 7,9 millions de tonnes, grâce à une demande alimentaire constante. Ainsi, le taux de trituration des graines oléagineuses dans l’Union européenne ne serait que modérément en retrait (- 0,2 % par an sur la période), à 44,8 millions de tonnes.
En raison du déclin de la demande en colza par le secteur du biocarburant (- 4,5 % par rapport à 2023-2025), l’utilisation totale des oléagineux devrait réduire de 1,5 % par rapport à 2023-2025. Celle du colza s’effondrerait au total de 11,2 % d’ici 2035, alors que celle des graines de tournesol augmenterait de 2,7 %, toujours soutenue par une demande alimentaire en essor (+ 0,3 %).
Une diminution des importations sauf pour l’huile de tournesol
L’Union européenne resterait un importateur net de graines oléagineuses. Toutefois, grâce à la hausse de la production européenne, ses importations annuelles pourraient reculer de 5,9 %, avec des prix qui devraient croître plus lentement que sur la période 2015-2025.
Les importations d’huile de colza demeureraient limitées (0,2 milliard de litres en 2035), la demande étant couverte par la trituration européenne. Cependant, avec une production d’huile de tournesol stable à 3,7 milliards de litres, l’Union européenne resterait importatrice nette d’huile de tournesol. La balance commerciale devrait s’améliorer par rapport à la période 2023-2025.
Concernant l’alimentation animale, l’utilisation de tourteaux dans l’alimentation animale diminuerait de 1,2 % en 2035. En cause, une baisse de 2,1 % pour les tourteaux de tournesol d’ici 2035, et de 0,1 % pour ceux de colza. Les prix de l’alimentation animale augmenteraient de 11,8 %, principalement dus à l’accroissement des prix du soja au sein de l’Union européenne.