Des Pyrénées françaises et espagnoles aux Alpes, de la Corse au mont Olympe en Grèce, de l’Etna en Sicile à l’Atlas marocain, aucun parcours ne l’effraie. Aucun dénivelé non plus, même s’il avoue avoir un peu le vertige, « mais dès que tu es dans l’effort, tu ne le sens plus ». Issu d’une famille d’agriculteurs, Michel Rabat découvre très tôt la montagne en gravissant chaque dimanche le pic du Canigou avec ses parents et sa sœur Agnès lors de longues randonnées et nuits en refuge.
Initié par son père à la course en montagne, il rejoint vers 10 ans le club d’athlétisme de Prades-Conflent. Il y apprend l’exigence de l’effort, l’esprit de compétition et le goût des cimes. Sa première course, à Saint-Féliu, dans les Pyrénées-Orientales, se solde par une victoire en 1995. Beaucoup d’autres suivront avec son nouveau club, Haut Vallespir athlétisme. « J’ai cessé de compter après le centième trail que j’ai remporté », raconte Michel.
Courir pour la compétition et la fête
Même son installation, en 2011, sur l’exploitation familiale, le Mas dels Miquels, à Vinça, ne freine pas son élan, décrochant cette année-là le titre de champion de France de skyrunning (course de montagne extrême en altitude, avec des passages techniques et de forts dénivelés). « À la ferme, je bouge tout le temps. Il m’arrive de galoper dans les champs, les vergers ou les vignes. Je suis un peu nerveux par nature », plaisante-t-il.
Dès la journée de travail terminée, de nuit comme de jour, en toute saison, il part courir. « Je m’entraîne quatre heures par semaine contre six auparavant, parce que l’activité agricole me prend beaucoup de temps, que je suis papa d’un enfant de 13 mois, Joan, et que j’avance en âge. Ce sport est comme une drogue pour moi », confie le trailer. S’il est moins disponible pour les trails à l’étranger, il n’a pas renoncé pour autant aux compétitions. La dernière, c’était en janvier dernier, en Corse, un tracé de 12 kilomètres avec 600 mètres de dénivelé, où il a pris la cinquième place parmi 200 participants.
En février, son énergie s’est concentrée sur la préparation à Vinça de la course La Ronda des bojos (Ronde des fous), dont il est à l’origine avec sa sœur. L’aventure débute en 2014, lorsqu’ils créent ensemble l’association du même nom qui orchestre une journée d’action bénévole par an en montagne (restauration de refuges et nettoyage des sentiers).
Est venue s’y greffer, en 2016, une course annuelle festive, partant du village jusqu’au pic de las Feixes, avec trois parcours : un pour les enfants, un de 7 km et un de 18 km, à réaliser déguisé ou pas. Seule consigne : porter du rose, la couleur de l’association. Son regret ? Ne pas y prendre part, trop occupé par l’organisation. Mais le Catalan pense déjà à la prochaine ligne d’arrivée.