Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Dossier Paris cherche des espaces

réservé aux abonnés

 - -->
Les jardins sur les toits de Paris ont, pour la plupart, d’abord une vocation sociale et pédagogique. © P. Bourdois

Pour parvenir à se rendre agricole comme
elle l’ambitionne, la capitale prévoit de s’appuyer sur les terres franciliennes. Elle créera d’ici à 2023 sa coopérative « AgriParis ».

Il restait à trouver du foncier… Face à son ambitieux programme agricole, la ville de Paris s’est vite rendu compte des limites de son dessein. À commencer par l’espace. La capitale s’est d’abord ruée sur ses toits avec son projet « Parisculteur ». Et si certains ont vu le jour, comme l’entreprise Bien élevées, spécialisée dans le safran dans le XIIIe arrondissement, l’initiative a aussi montré que, pas assez plats, inaccessibles ou peu portants, les toits pouvaient se révéler pas aussi fertiles que prévu.

Avoir sa coopérative

Pour Paris et sa petite couronne dense, les chercheurs estiment qu’une part maximale de 10 % des fruits et légumes consommés pourraient être produits sur place, « à condition de mettre en culture tous les espaces “agricolisables”, précise Christine Aubry, ingénieure à l’Inrae. Les toits ont montré que ce serait compliqué. La capitale devrait d’abord réorganiser l’acheminement des fruits et légumes en provenance du péri-urbain plus ou moins proche, produire en son sein à d’autres intérêts que l’approvisionnement en quantité. »

C’est l’option prise par la régie Eau de Paris, qui protège ses périmètres de captage, en passant des contrats d’approvisionnement de ses cantines avec des agriculteurs de la Nièvre et de l’Yonne. « Eau de Paris a compris qu’elle serait plus incitative en proposant aux agriculteurs des débouchés un peu protégés. »

En charge de l’alimentation et de l’agriculture à la mairie de Paris, Audrey Pulvar voudrait suivre l’exemple et propose ainsi de créer, d’ici à 2023, la coopérative AgriParis. Avec un double objectif : d’ici à 2026, 100 % des denrées de la restauration collective proviendraient de l’agriculture durable ou bio (53 % aujourd’hui). Au moins la moitié serait issue de fermes situées dans un rayon de 250 km de la capitale (650 km actuellement). La méthode reste à définir. Cent Parisiens et Franciliens plancheront sur le sujet en février 2021, puis des professionnels en mars. La coopérative permettrait notamment à la capitale d’acquérir des terres en région francilienne.

En 1845, 1 800 jardiniers maraîchers œuvraient autour de Paris. Aujourd’hui, la chambre d’agriculture d’Ile-de-France ne recense plus que 91 exploitations agricoles en petite couronne.

La fausse bonne idée des zones agricoles protégées

En 2018, l’Inrae a publié une étude prospective sur l’avenir des villes et la ruralité, en imaginant plusieurs scénarios, dont celui des « campagnes au service de la densification urbaine ». Les espaces ruraux à la périphérie des métropoles seraient « pour partie intégrés aux villes », et « ce qui est en dehors » deviendrait « une mosaïque de sites hyperspécialisés dans des fonctions logistiques, énergétiques ou écologiques au service des villes ». Se multiplieraient ainsi les zones agricoles protégées (ZAP) menant une « agriculture intensive à forte technologie et avec un impact environnemental maîtrisé », qui « approvisionneraient les urbains en produits frais ». Un choix à bien peser par les villes, et surtout les agriculteurs déjà en place.

Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !