Les services du ministère de la Transition écologique ont publié en août les chiffres des énergies renouvelables du premier semestre de 2021. L’injection de biométhane fait un bond historique tandis que la cogénération marque fortement le pas et ne progresse presque plus. Une des conséquences de cette évolution est l’agrandissement de la taille moyenne des unités.

Plein gaz pour l’injection

D’après le service de la statistique du ministère de la Transition écologique (MTE), au 31 décembre 2020, 214 unités injectaient du biométhane dans le réseau gazier. Ce chiffre atteignait 282 le 30 juin 2021. Au cours du premier semestre de l’année, la quantité de gaz injectée correspond à 1,8 TWh (térawatt-heure). Xavier Passemard, directeur pour le biométhane chez GRDF, a confié lors du Space que la 300e unité avait été raccordée au réseau gazier au début du mois de septembre.

Le rythme de raccordement était au premier semestre de 2021 en hausse de 162 % par rapport à l’année précédente. Pas moins de 1 057 GWh (gigawatts-heure) de capacité d’injection ont été raccordées sur les six premiers mois de l’année en cours. Ces chiffres impressionnants correspondent à la concrétisation d’une partie des nombreux projets qui s’étaient inscrits au registre en 2019, alors qu’une forte baisse des tarifs se faisait pressentir.

La capacité de production suit une courbe exponentielle, et plus de 1 000 projets sont encore en file d’attente. Ils ne seront pas tous menés à terme, mais la tendance reste celle d’une accélération.

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Panne de moteur pour la cogénération

Pour la valorisation du biogaz en cogénération, la dynamique est, quant à elle, au point mort. Seules deux unités ont été raccordées au second trimestre. Depuis le début de l’année 2021, elles sont au nombre de 33, pour une puissance cumulée de 7 MW. (mégawatts) Sur cet intervalle de temps, la production d’électricité à partir de biogaz s’élève à 1,3 TWh. La capacité de production a augmenté de 1 % depuis le début de l’année.

Des méthaniseurs de plus en plus gros

Pour la première fois, l’injection dépasse donc la cogénération, et l’écart est amené à se creuser très rapidement. Or, un peu plus de 900 unités de méthanisation valorisent le biogaz en produisant de l’électricité, tandis qu’elles sont à peine 300 à l’injecter dans le réseau.

La cogénération produit également de la chaleur, et le rendement énergétique de l’injection est meilleur que celui de la production d’électricité à partir de biogaz. Néanmoins, le fait qu’il y ait trois fois moins d’unités de production de biométhane pour une quantité d’énergie injectée supérieure est révélateur. Les installations sont en moyenne largement plus grosses en production de biométhane.

Les coûts importants de l’épuration du biogaz et du raccordement au réseau gazier ne permettent généralement pas d’envisager de petits projets qui seraient viables économiquement. L’agrandissement de la taille des méthaniseurs pose désormais la question de l’autonomie alimentaire des unités. Plus la quantité d’intrants nécessaires est importante, plus il faut aller les chercher à distance du digesteur.

Gildas Baron