Les produits alimentaires français ont la cote et certains l’ont bien compris. La DGCCRF (la direction du ministère de l’Économie en charge de la répression des fraudes) parle même de « tendance » lorsqu’elle évoque les pratiques illégales de francisation.

Les montants des amendes peuvent être élevés en la matière. En 2020, un producteur bio de kiwis avait été condamné à une amende de 70 000 euros pour avoir revendu plus de 400 tonnes de kiwis italiens en les présentant comme français.

Il racontait des salades sur l’origine de sa laitue

Dans son bilan tiré de ses enquêtes réalisées en 2020, la DGCCRF explique que sur 826 points de contrôle vérifiés dans 452 établissements visités, 140 ont fait l’objet de suites. Si la majorité a reçu seulement des avertissements, 20 procès-verbaux pour tromperie et pratiques commerciales trompeuses ont été rédigés selon une publication du 31 janvier 2022.

Un producteur de l’Occitanie a ainsi été épinglé pour avoir mélangé à sa propre production des jeunes pousses d’épinard, de roquette et de laitue achetées en Italie et vendues avec une étiquette mentionnant l’origine France.

> À lire aussi : « Il est soupçonné d’avoir “francisé” des centaines de tonnes de légumes »

(05/07/2021)

Alors qu’ils enquêtaient sur la francisation ponctuelle de melons et de nectarines espagnols, les agents de la DGCCRF ont découvert une tromperie à plus grande échelle de poires néerlandaises et belges par la même entreprise. En août 2021, l’Association nationale pommes poires avait par ailleurs annoncé avoir sorti « l’arme lourde » en investissant 150 000 euros sur un projet d’analyse en laboratoire visant à déterminer la provenance des fruits avec certitude. Un projet qu’elle mène avec un laboratoire d’Eurofins et les AOP Pêches Abricots et Tomates Concombres.

C’est aussi avec des produits belges qu’une autre entreprise a été prise la main dans le sac. Elle commercialisait comme français des céleris-raves produits en Belgique. La Répression des fraudes s’est aperçue de la supercherie grâce à des analyses réalisées en laboratoire qui avaient révélé la présence de substances interdites en France.

Une « pression » de contrôles maintenue en 2022

Interrogé par un sénateur, le ministère de l’Économie a annoncé le 27 janvier 2022 que la DGCCRF avait maintenu en 2021 sa « pression » de contrôle en matière de lutte contre la francisation et qu’elle allait la reconduire en 2022.

Le ministère a aussi promis l’amélioration des outils de collecte du renseignement de la DGCCRF et une coopération maintenue avec les autres pays européens.

Alexis Marcotte