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Des signes de qualité ne tiendraient pas leurs promesses

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Consommation - Des signes de qualité ne tiendraient pas leurs promesses
Le bœuf sous label rouge fait partie des bons élèves, selon les résultats de l’étude commandée par l’UFC-Que Choisir. © Jérôme Chabanne

Une étude de l’UFC-Que Choisir réalisée avec l’Inrae épingle les signes de qualité et d’origine et des labels alimentaires. Pour certains d’entre eux, la qualité promue ne serait pas au rendez-vous.

Cantal, Munster, Saint-Nectaire, Porc Label Rouge… Autant de mauvais élèves appelés à revoir leur copie, selon une étude de l’UFC-Que Choisir réalisée avec l’appui de l’Inrae. L’association de défense des consommateurs a dénoncé des « promesses non tenues » par ces signes et labels de qualité durant une conférence de presse le 28 septembre 2021.

Des AOP traditionnelles aux « accents industriels »

L’UFC entendait réaliser une « analyse critique des cahiers des charges des Siqo (appellation d’origine protégée, agriculture biologique, label rouge). Si la participation de l’Inrae est le gage d’une certaine rigueur scientifique, l’étude s’est en revanche cantonnée à un faible échantillonnage.

La France compte 464 appellations d’origine et 434 cahiers des charges pour le label rouge, selon l’Inao (l’Institut national de l’origine et de la qualité). Seules 8 AOP fromagères (1) et 12 viandes sous label rouge classées en 4 grandes catégories (2) ont été scrutées par l’étude.

À lire aussi : AOP, label rouge, AB… des signes parfois perdants (31/05/ 2019)

Le Saint-Nectaire, le Cantal et le Munster en font partie. Ces AOP fromagères proposent des « produits de gamme trop peu différents des productions fromagères industrielles » qui ne « devraient pas logiquement pouvoir bénéficier de l’appellation, selon l’étude.

L’UFC-Que Choisir et l’Inrae avaient sélectionné trois conditions synonymes d’un « caractère traditionnel » et de « typicité » : l’interdiction du lait pasteurisé ou thermisé, l’interdiction des fourrages fermentés et une proportion minimale de vaches de races locales. Des conditions que ne rempliraient pas ces 3 appellations, selon l’étude.

Quant aux cahiers des charges du label rouge étudiés, ceux du porc sont pointés du doigt. Leur différenciation par rapport au conventionnel est jugée « très faible ». « Pour les productions qui s’en tiennent aux conditions de production minimales de la notice, le label ne se justifie pas », selon l’UFC. Le poulet sous label rouge fait office de très bon élève.

À lire aussi : La mise en route des « AOP laitières durables » (27/09/2021)

La gouvernance à l’origine des défaillances

L’UFC-Que Choisir croit savoir l’origine de ces promesses non tenues. Elles tiendraient dans les règles fixant les procédures d’enregistrement et de contrôle des Siqo. L’association regrette que la création et la révision des cahiers des charges dépendent de la seule initiative des professionnels des filières concernées et que les « comités chargés de l’examen des cahiers des charges comptent une surreprésentation des professionnels au détriment des représentants de l’Administration et des consommateurs ».

L’UFC estime aussi que les contrôles vérifiant la conformité des produits aux cahiers des charges sont « délégués par l’Inao à des organismes certificateurs très liés aux professionnels de la filière ».

Alexis Marcotte

(1) Le Camembert de Normandie, le Munster, le Picodon, le Saint-Nectaire, le Cantal, le Salers, le Laguiole et l’Abondance.

(2) Poulet : Poulet de Loué, Poulet des Landes, Poulet fermier du Gers. — Porc : Porc Opale, Porc fermier de la Sarthe, Porc fermier du Sud-Ouest. — Bœuf : Bœuf fermier d’Aubrac, Bœuf Charolais du Bourbonnais, Bœuf de race parthenaise. Veau : Veau d’Aveyron et du Ségala, Veau fermier sous la mère, Veau des Monts du Velay-Forez.

La Haute valeur environnementale ne fait pas le poids pour Greenpeace France et WWF France

En complément de l’enquête réalisée par l’UFC-Que Choisir sur les Siqo, Greenpeace France et WWF France ont réalisé de leur côté une autre étude sur la « durabilité des labels alimentaires ».

À ce jeu, « la bio tire son épingle du jeu », selon une étude signée par les deux ONG et le cabinet Basic. « Les démarches partageant le socle de l’agriculture biologique (AB, Bio Équitable en France, etc.) obtiennent les bénéfices socio-économiques et environnementaux les plus forts et les plus avérés du fait de leurs impacts positifs, notamment sur la santé humaine, la qualité des sols, les ressources en eau, la biodiversité ou le bien-être animal », précise l’étude.

La HVE ne passe pas

« À l’inverse, les démarches partageant le socle de la certification environnementale : Agri Confiance, Zéro résidu de pesticides et la certification Haute valeur environnementale (HVE) ont les effets positifs les plus faibles et les moins avérés des démarches étudiées », soulignent les organisations.

Avec l’UFC-Que Choisir, elles demandent la suspension du « soutien public à la certification HVE tant que le cahier des charges n’a pas été révisé ».

Pour Joseph D’Halluin, chargé de campagne pour l’agriculture chez Greenpeace France, « considérer la HVE au même titre que la bio pour l’accès aux aides pour la nouvelle Pac est une aberration ».

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