« La recherche confirme que la stratégie de différenciation par les SIQO (appellation d’origine protégée, agriculture biologique, label rouge) aide à mieux valoriser les produits en obtenant du consommateur un consentement à payer un prix supérieur. Cependant, ce surprix ne se traduit que dans certains cas par un meilleur revenu pour les agriculteurs ».

C’est le constat dressé par une étude réalisée par des chercheurs de l’UMR Territoires de VetAgro et publiée ce 29 mai par le ministère de l’Agriculture. Si parfois la meilleure valorisation de tels produits permet de dégager une plus-value plus forte à la vente, celle-ci ne suffit pas toujours à couvrir, voire pas du tout pour certains produits, les coûts de production nés du respect des cahiers des charges.

Maintenir la crédibilité du produit

Dans le panier des déceptions, l’étude cite la filière de la volaille de chair. Les élevages sous signe AB ou label rouge ne présentent pas de « compétitivité hors coût » (1) accrue par rapport au conventionnel.

Le constat est encore moins glorieux pour les « exploitations ovines AB ». Ces dernières « peinent à compenser leur moindre efficacité technique » car la plus-value réalisée n’est « généralement pas suffisante ».

Du côté des satisfactions, se trouvent la filière des bovins lait AB et la pomme AOP Limousin.

Quant à la compétitivité hors coût des filières laitières AOP, celle-ci est variable selon l’organisation collective mise en place, d’après l’étude qui cite l’AOP Comté comme une « grande réussite ». La politique de la maîtrise de l’offre définie par les éleveurs et leurs fruitières avec les affineurs est un exemple à suivre pour les chercheurs.

Ils recommandent également aux producteurs sous label, et plus largement leurs filières, à veiller à rester transparents avec leur consommateur. « La possibilité offerte par certains cahiers des charges de produire des fromages AOP ou du lait AB avec une alimentation à base de concentrés importés pourrait fragiliser la crédibilité même de ces appellations auprès des consommateurs », selon eux.

Alexis Marcotte

(1) L’étude repose « la compétitivité hors coût » sur la différenciation des produits sur la base de spécificités porteuses de valeurs pour le client (qualité organoleptique, lien à l’origine, respect de l’environnement notamment). Cette différenciation permet de différentier l’offre d’une entreprise de celle de ses concurrents.