C’est d’abord au travers d’une lettre ouverte au président de la République que la Confédération paysanne s’est exprimée ce 26 mai 2021. Se disant « déçu » des premiers arbitrages du ministre de l’Agriculture pour la prochaine Pac, le syndicat y dénonce « l’arrêt de mort de l’agriculture paysanne » et souhaite être entendu à l’Élysée.

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Une rencontre avec le président de la République

Plus d’une centaine de militants étaient ainsi présents ce 27 mai 2021 pour exprimer leur colère à la direction générale de Pôle Emploi et défendre « l’emploi paysan ».

« Quelle Pac vous botte le plus ? », arboraient certaines pancartes, à l’intention d’Emmanuel Macron, que le syndicat compte bien rencontrer. « Julien Denormandie n’est plus notre interlocuteur, explique Jean-François Périgné, représentant national au syndicat. On en a marre de la manière dont nous sommes traités. »

Dans un climat tendu avec les forces de l’ordre, les agriculteurs ont tout de même réussi à créer un premier contact avec l’Élysée pour y obtenir un entretien. Dans un communiqué du 28 mai 2021, le syndicat confirme avoir obtenu un entretien cette semaine avec un conseiller du président de la République.

Mais la Confédération Paysanne précise : « Nous nous y rendrons, mais cette réponse ne nous satisfait pas ! Nous voulons que le dialogue se fasse avec le président de la République compte tenu de la gravité des arbitrages annoncés par le ministre de l’Agriculture pour la déclinaison française de la prochaine Pac ».

Des arbitrages décevants

Selon le syndicat, les premières décisions de Julien Denormandie, comme la non-revalorisation du paiement redistributif ou l’absence de plafonnement ou de dégressivité des aides, excluraient certaines exploitations.

« Qu’en restera-t-il si, après une loi Egalim insuffisante, la France met en place une Pac si peu ambitieuse et peu engageante », interroge le syndicat dans sa lettre au président de la République.

La revalorisation à 20 % du paiement redistributif, l’activation d’une aide forfaitaire « petit agriculteur », le plafonnement des aides et la régulation des marchés et des volumes de productions sont « autant d’outils indispensables pour assurer une vraie souveraineté alimentaire », écrit le syndicat.

Alessandra Gambarini