À cause du coronavirus, le Salon de l’agriculture a fermé ses portes samedi, le 29 février 2020. En 2019, il avait accueilli un peu plus de 630 000 visiteurs. En 2020, ils n’étaient que 480 221, sur les 8 jours qu’a duré la manifestation, selon le bilan diffusé ce 29 février par les organisateurs du Salon international de l’agriculture.

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Victime du coronavirus

Cette manifestation a été victime de la décision du gouvernement et des autorités de santé d’interdire tout rassemblement de plus de 5 000 personnes. Il reste que la baisse de fréquentation est sévère : elle atteint 24 % sur un an. « Le coronavirus y a fortement contribué », en particulier sur les derniers jours, a estimé samedi le président du salon, Jean-Luc Poulain.

Le président de la République a inauguré la cinquante-septième édition du Salon international de l’agriculture le 22 février 2020. © M.-A. Batut/GFA

Emmanuel Macron, a inauguré le salon le 22 février dernier sans accord européen sur le budget de la future Pac. Il était très attendu sur deux questions lors de sa visite : les épandages de pesticides près des habitations avec les fameuses zones de non-traitement (ZNT), et les retraites agricoles, notamment la revalorisation des pensions des agriculteurs retraités.

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Un président de la République sans annonce

Dans les deux cas, il a tenté de donner des gages aux agriculteurs. Mais que faut-il retenir de sa visite Sur les retraites, il a jugé « impossible » de revaloriser les pensions actuelles à 85 % du Smic, une mesure prévue dans le futur système mais qui coûterait trop cher à appliquer aux agriculteurs déjà à la retraite.

Le président de la République n’a pas apporté de véritable réponse aux inquiétudes du monde agricole. © R. Aries/GFA

Concernant les ZNT, effectives depuis le 1er janvier, Emmanuel Macron a écarté la possibilité d’un moratoire. Il a suggéré que ces bandes de terres non cultivées puissent être « valorisées », promettant que les agriculteurs seraient « accompagnés » financièrement. Il s’est engagé à assurer une « sécurité juridique » pour que les prochains semis se fassent « dans un cadre apaisé ».

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Emmanuel Macron échangeant avec le propriétaire d’Idéale, l’égérie charolaise de cette édition du Salon international de l’agriculture. © M.-A. Batut/GFA

La question du revenu des agriculteurs, et particulièrement des éleveurs de bovins à viande, a dominé le salon. En arrivant avec la vache Idéale, égérie du salon, son éleveur Jean-Marie Goujat a défendu la cause de sa profession, interpellant le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume devant de nombreux journalistes.

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Sur fond de polémiques

Le salon a ouvert alors que site d’information Mediapart a publié une enquête en trois volets pointant du doigt la FNSEA, notamment sur les niveaux de salaires de certains de ses dirigeants et sa gestion d’un fonds paritaire pour l’emploi. Parlant de « règlement de comptes », de « vendetta », le syndicat a réfuté ces mises en cause.

Une autre polémique a été déclenchée par L214, l’association anti-élevage qui a demandé la fermeture d’un abattoir de veaux situé en Dordogne après la diffusion d’une vidéo montrant, selon elle, des infractions « multiples ». Les autorités avaient initialement assuré n’avoir pas décelé de « non-conformité à la réglementation ».

L214 est revenue à la charge : des échanges de courriels internes au ministère de l’Agriculture, adressés par erreur à l’association, montraient selon elle que les infractions « sont avérées ». Après cet épisode et une enquête vétérinaire sur place, le ministère a finalement retiré l’agrément de l’abattoir, le temps de prendre des mesures correctives.

La cinquante-huitième édition du Salon international de l’agriculture se tiendra du 27 février au 7 mars 2021.

E.R. avec l’AFP