La Fédération nationale des producteurs de chèvres (Fnec) s’impatiente. Alors qu’un plan de sortie de crise avait été conclu mi-septembre, la situation de la filière des chevreaux ne s’arrange guère sur le terrain. En plus d’une baisse des cours « allant jusqu’à 80 % depuis l’automne », certains engraisseurs projettent « l’arrêt imminent du ramassage des chevreaux », indique le syndicat dans un communiqué paru le 3 mars 2021.

Des débouchés encore perturbés

Si Jacky Salingardes, président de la Fnec et de l’Anicap, est bien conscient que les débouchés de la viande caprine sont encore perturbés par la crise sanitaire et économique, « la situation n’est pas catastrophique non plus. »

D’autant que les efforts fournis par les producteurs, sur les lactations longues notamment, portent leurs fruits : « Il y a moins d’abattages que l’an dernier à la même période », souligne le responsable, auprès de La France Agricole.

Trouver un accord

Malgré tout, les éleveurs « subissent » les aléas des relations contractuelles entre les engraisseurs et les abatteurs. « La pression sur la collecte des chevreaux et sur leurs prix d’achat atteint la limite du mépris porté sur éleveurs », considère la Fnec.

Le syndicat dénonce un véritable « chantage ». « Il est urgent qu’engraisseurs et abatteurs s’accordent officiellement sur un prix, pour mettre fin à ce jeu de dupes », affirme Jacky Salingardes.

En complément, le président de la Fnec appelle les acteurs de la filière à se démener pour « trouver de nouveaux marchés », « innover » et opérer un virage en faveur de la « contractualisation tripartite. »

« Plus de deux millions d’euros de perte pour les éleveurs »

Sans cette contractualisation, même provisoire, « ce cinéma peut durer encore longtemps », déplore Jacky Salingardes. D’après ses estimations, « on va dépasser les deux millions d’euros de perte pour les éleveurs sur la campagne 2020-2021. »

Alexandra Courty