Après l’indemnisation des animaux abattus déjà versée à hauteur de 75 % aux producteurs, le dispositif d’indemnisation des pertes économiques liées à l’épisode d’influenza aviaire a été ouvert le 17 juin 2021. Certains producteurs s’en inquiètent, comme en témoigne la Confédération paysanne du Béarn dans un communiqué diffusé le 15 juin 2021.

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Perte de valeur ajoutée et de clientèle

Le bilan est lourd pour les producteurs de volailles touchés par l’épizootie de grippe aviaire. « Et les indemnisations ne compensent pas les pertes, loin de là, estime la Confédération paysanne du Béarn. […] Les montants ont été établis pour des produits industriels qui ne prennent pas en compte la forte valeur ajoutée des petits exploitants fermiers [et] les efforts à mener pour reconquérir la clientèle », en particulier pour les producteurs en vente directe.

Le dispositif d’indemnisation sera plus juste cette année, assure Marie Pierre Pé, la directrice de l’interprofession des palmipèdes à foie gras, le Cifog. Contrairement à 2017, le montant des indemnisations ne sera pas sous forme de forfait, mais se basera sur la perte de marge brute par rapport à 2019. […] Ce qui devrait permettre de prendre en compte la perte éventuelle de clientèle. »

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Des « efforts » pour réduire les délais

Les expériences passées laissent craindre de longs délais avant le versement des indemnisations, du fait de « calculs très complexes », précise à La France Agricole Jean-Louis Campagne, coporte-parole de la Confédération paysanne du Béarn.

« Il y a une part de vérité, c’est long », reconnaît Marie Pierre Pé, soulignant les efforts du gouvernement pour réduire ces délais. « On aura gagné quand même un mois et demi dans le traitement des dossiers par rapport à 2017. […] Des lettres ont également été adressées par le ministre à l’attention des banques pour les rassurer sur l’arrivée d’indemnisations, et permettre l’octroi de prêt à court terme. »

Une avance de l’indemnisation des pertes de production sera versée en juillet-août, à hauteur de 60 % de la somme touchée en 2017, ou de 60 % de la perte de marge brute estimée. Le dispositif de versement des 40 % restants sera ouvert au début de l’automne. Il faudra alors renseigner de façon très précise les pertes subies, pour percevoir le solde de l’indemnisation en fin d’année, explique Marie Pierre Pé.

Le solde de l’indemnisation pour animaux abattus sera versé dans l’été, une fois que les expertises auront été réalisées, ajoute la directrice du Cifog.

Raphaëlle Borget