« Notre signature est le symbole de notre volonté de rester autour de la table des négociations pour défendre avec force et virulence l’élevage en plein air », assurent la Confédération paysanne et le Modef, dans un communiqué accompagnant la nouvelle feuille de route contre l’influenza aviaire envoyée par le ministère de l’Agriculture le 8 juillet 2021.

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Les deux syndicats font état de plusieurs désaccords. Considérant les contaminations des élevages par la faune sauvage comme « peu nombreuses », ils jugent « disproportionnées » les mesures visant à mettre fin à la dérogation à la claustration pour les élevages de moins de 3 200 animaux. Ils demandent un « système d’adaptation des mesures de biosécurité au risque de chaque exploitation ».

Modalités de claustration « inadaptées »

Concernant la mise à l’abri des animaux, « les modalités détaillées en annexe de la feuille de route apparaissent comme inadaptées », poursuivent les deux organisations syndicales. Elles demandent notamment que la claustration des volailles dans les petites exploitations soit « de six semaines au maximum en période à risque et que les réductions de parcours soient fonction des besoins physiologiques ».

Pour les productions de canards prêts à gaver « autarciques », en circuits courts et sous label rouge, les poules pondeuses et les volailles de chair, la Confédération paysanne et le Modef demandent « la reconnaissance d’alternatives en plus du filet comme l’agroforesterie, les cultures protectrices, les effaroucheurs. De plus les modalités de protection de l’alimentation et d’abreuvement doivent également être adaptées en fonction de l’analyse de risque ».

Des retours d’expérience « pas satisfaisants » pour les filets

A contrario, la FNSEA et ses associations spécialisées, Jeunes Agriculteurs et les interprofessions des palmipèdes à foie gras (Cifog) et des volailles de chair (Anvol) émettent des inquiétudes quant à la possibilité d’utiliser un filet de protection pour mettre à l’abri les volailles des élevages autarciques, en circuits courts, ou de moins de 1 500 animaux.

« Les expériences passées concernant la mise à l’abri sous filet ne sont pas concluantes et nous ne souhaitons pas pousser les éleveurs à mettre en œuvre de telles pratiques », déclare Jean-Michel Schaeffer, le président de la Confédération française de l’aviculture. « Il convient d’utiliser cette solution avec la plus grande prudence », prévient Michel Fruchet, le président du Cifog.

Vincent Guyot