Dans un communiqué diffusé le 20 janvier 2022, la Fict (Fédération des entreprises françaises de charcuterie-traiteur) estime que la proposition de loi (PPL) visant à interdire les nitrites ajoutés dans l’alimentation « bafoue les institutions d’évaluation scientifique nationales en refusant d’attendre un avis de l’Anses sur les nitrites, qui sera publié en juin 2022 ».

Ce projet de loi devrait être examiné le 3 février 2022 à l’Assemblée nationale dans le cadre d’une niche parlementaire octroyée au groupe Modem. Il est porté par le député Richard Ramos qui avait déjà fait une précédente tentative en décembre 2020 mais le projet avait été finalement retiré de l’agenda.

Un rapport d’information « ni pertinent ni objectif »

La Fédération affirme que cette PPL ne repose sur aucune base objective et menace notre patrimoine gastronomique national. Elle souligne que « la justice française, à travers les jugements des tribunaux de Paris, Brive et Aix-en-Provence, a qualifié très récemment de « tromperie et dénigrement » les allégations relatives au lien formel entre nitrites dans les charcuteries et cancer colorectal ».

Pour la Fict, le rapport d’information parlementaire sur lequel s’appuie la proposition de loi (PPL) n’est « ni pertinent ni objectif. Car il occulte dans ses conclusions, les auditions non conformes aux objectifs du président de cette mission d’information (NDLR : Richard Ramos), notamment celles du ministère de la Santé, de l’Anses, du ministère de l’Agriculture et de la DGCCRF ».

« La PPL, si elle était adoptée, condamnerait la plupart des spécialités traditionnelles de charcuterie française, indique la Fict, qui ajoute qu’elle est loin de concerner seulement le jambon cuit comme le prétend le rapporteur (NDLR : Richard Ramos). Elle menace tous les charcutiers qui utilisent dans leur grande majorité des nitrites, directement ou indirectement par des cuissons dans des bouillons de légumes riches en nitrates ».

Philippe Pavard