« Alors que les conséquences catastrophiques des inondations et des incendies sans précédent de cet été sont encore en cours d’examen, nous devons intensifier nos efforts pour lutter contre les défis posés par les conditions météorologiques extrêmes », déclare Maria Spyraki, rapporteuse d’une résolution pour réduire les émissions de méthane, le 21 octobre 2021, lors de la séance plénière sur la stratégie de l’Union européenne (UE) pour réduire les émissions de méthane.

La loi européenne sur le climat engage l’UE à baisser ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici à 2030. Les eurodéputés invitent la Commission européenne à « proposer un cadre législatif global et contraignant sur les émissions de méthane ». Le secteur agricole, bien qu’il ait réduit ses émissions de méthane de 21 % entre 1990 et 2018, n’y échappe pas.

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Encourager les mesures volontaires plutôt que contraignantes

« Les technologies et pratiques visant à limiter les émissions de méthane provenant de l’agriculture, notamment les pratiques de gestion durable du bétail, se développent à un rythme rapide », soulignent les eurodéputés dans leur rapport. Mais pour atteindre les objectifs ambitieux fixés dans l’accord de Paris, elles doivent être « favorisées et déployées le plus rapidement possible dans l’Union », reprennent les parlementaires.

Le Parlement européen appelle notamment les États membres à « introduire des mesures efficaces et durables contre ces émissions » dans le cadre de la politique agricole commune (Pac) et des plans stratégiques nationaux.

Dans un communiqué diffusé le même jour, le Copa-Cogeca salue l’appel du Parlement pour une mise en œuvre rapide des techniques et pratiques de pointe. En revanche, ils regrettent « qu’une fois de plus » la Commission soit appelée à fixer des mesures contraignantes.

« Au lieu d’imposer des objectifs [de réduction] potentiellement inatteignables qui pourraient décourager les agriculteurs à poursuivre leurs efforts, il convient d’encourager les mesures volontaires », réagit le comité européen.

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Le Parlement prône des conditions de concurrence équitables

À ce sujet, les parlementaires soulignent que « tout durcissement du cadre juridique relatif aux émissions de méthane provenant de l’agriculture et notamment de l’élevage ne doit pas entraîner une délocalisation de la production ».

Ils reconnaissent par ailleurs qu’une « part importante des émissions de méthane provenant du secteur agroalimentaire est due aux importations ». Les produits en provenance des pays tiers doivent respecter les « mêmes normes élevées que celles applicables dans l’Union », insiste le Parlement.

« Si l’on souhaite préserver la compétitivité du secteur, tant sur le marché intérieur que sur la scène internationale, il est essentiel d’adopter des mesures pour garantir des règles du jeu équitables, comme le Parlement l’a demandé à la Commission », conforte le Copa-Cogeca.

Porter les ambitions européennes à l’international

Considérant que la réduction des émissions de méthane doit être poursuivie aux niveaux mondial et européen, le Parlement européen invite la Commission et les États membres « à proposer et à négocier un accord mondial contraignant » à l’occasion du Sommet sur le climat (Cop 26) à Glasgow.

Jusqu’ici, les parlementaires constatent en effet « l’absence de volonté politique au niveau mondial en matière d’atténuation des émissions de méthane ».

Lucie Pouchard