À l’heure où les troupeaux redescendent de la montagne, les représentants de la FNSEA, JA, APCA et FNO se sont mobilisés le 15 octobre 2021 contre la prédation. La pression est toujours aussi forte autour des troupeaux. Une manifestation était notamment organisée devant la préfecture de Gap dans les Hautes-Alpes, où 200 éleveurs étaient rassemblés. « La préfète est venue à notre rencontre pour prendre note des problèmes que nous rencontrons », déclare Florian Pellegrain, président de Jeunes Agriculteurs pour la Région Paca.

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Un nombre de loups toujours remis en cause

Le 15 octobre 2021, les représentants des organisations majoritaires étaient également reçus à Lyon par Pascal Mailhos, le préfet coordonnateur du plan national loup et des activités d’élevage. « Nous avons insisté pour remettre en cause le nombre de loups et le comptage de l’Office français de la biodiversité, souligne Claude Font en charge du dossier loup à la Fédération nationale ovine. Le préfet nous a répondu qu’il s’entretiendrait dans les prochains jours avec le directeur de l’OFB (Office français de la biodiversité) sur le sujet. »

Les éleveurs estiment que les observations de terrain ne sont pas suffisamment prises en compte dans l’évaluation. Ils attendent une nouvelle méthode de comptage pour 2022. Le quota de prélèvement des loups pourrait être doublé avec un effectif revu à la hausse. « Le chiffre de l’effectif est la clef de voûte du système », insiste Claude Font. Aujourd’hui, les préfets sont obligés de freiner les autorisations de tirs de défense auprès des troupeaux car le quota de loups (118) est presque atteint.

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Un statut pour le chien de protection

Les chiens de protection étaient également au cœur des doléances des manifestants. « Au sujet des chiens de protection, une demande a été formulée auprès du ministère de la justice pour que les procureurs s’impliquent davantage sur la problématique des chiens de protection, indique Claude Font. Une définition du rôle et du statut de l’animal est indispensable. Lorsqu’il aboie, il ne fait que son travail. Si on le fait taire, il ne joue plus son rôle de protecteur de troupeau. »

Le responsable souligne aussi l’attitude des randonneurs qui n’est pas toujours respectueuse vis-à-vis des chiens. Il arrive qu’ils soient agressés avec des bâtons, des cailloux, ou même parfois des tasers.

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« Nous essayons de survivre »

Les représentants de la Région Paca s’inquiètent beaucoup pour le renouvellement des générations. « La moyenne d’âge des éleveurs est de 57 ans, souligne Jean-Philippe Frère, président de la FDSEA des Alpes-Maritimes. Nous ne comptons plus que 31 000 brebis dans le département. Nous en avons perdu 15 000 brebis en dix ans. »

Les installations sont rares avec une telle pression de la prédation. « Nous avons enregistré 52 attaques dans le département au cours des dix derniers jours, ajoute Jacques Courron, secrétaire général de la FDSEA des Alpes-Maritimes. Nous n’en sommes plus à essayer de cohabiter avec le prédateur. Nous savons que c’est impossible. Nous tentons juste de survivre. »

Alerte aux vautours dans l’Aveyron

Autre exemple de mobilisation : la FDSEA de l’Aveyron était reçue ce 15 octobre 2021 dans leur préfecture. Ils ont rappelé l’impact psychologique que vivent les éleveurs devant faire face aux attaques de loups. « Ils sont dans l’angoisse permanente d’une attaque de leur troupeau et subissent un traumatisme quand celle-ci survient », indiquent-ils dans un communiqué de presse publié le jour de la rencontre.

Le syndicat alerte aussi sur le comportement des vautours qui « apeurent les troupeaux par des vols en rase-mottes » ou qui « attaquent les bovins lors des mises bas ». Les éleveurs souhaitent que les populations de l’espèce soient maîtrisées et réguler en vue de retrouver un équilibre. En attendant le retour à l’équilibre, des autorisations pour les tirs d’effarouchement et une indemnisation des éleveurs lorsqu’une attaque sur animaux vivants est avérée sont demandées.

Marie-France Malterre