C’est dans une interview au média en ligne Brut, que le porte-parole de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas), a proposé cette solution face aux dégâts aux cultures que cause la prolifération des sangliers.

« La chasse est une gestion catastrophique »

Le défenseur de la Nature n’est pas tendre avec les chasseurs. « On voit bien que pour le sanglier comme beaucoup d’autres animaux d’ailleurs, la chasse est une gestion catastrophique, estime-t-il. Les sangliers prolifèrent alors que les chasseurs ont eu la mainmise sur leur gestion. »

Alors comment propose-t-il de contrer la prolifération des sangliers et les dégâts aux cultures ? « D’abord, il y a le court terme, argumente-t-il. L’effarouchement avec des détonateurs ou des clôtures électriques, mais c’est plus de travail encore pour les agriculteurs. »

« Laisser les prédateurs naturels revenir »

Pour le moyen terme, « il y a beaucoup plus éthique que de flinguer du cochon à tour de bras, avance-t-il. C’est de stériliser les animaux. Mais ça, c’est long et coûteux, et il faut trouver les financements. La solution la plus naturelle et la plus satisfaisante pour un naturaliste, c’est de laisser les prédateurs naturels revenir, comme le loup, et de recréer un équilibre naturel. »

Pas sûr que tout le monde partage ce point de vue, et notamment les éleveurs confrontés au problème de la prédation par le loup dans leur troupeau. Les ovins, voire les bovins, sont des proies plus faciles que le sanglier.

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Le dispositif d’indemnisation « à bout de souffle »

Et quant au dispositif d’indemnisation des dégâts de sangliers, « le système est à bout de souffle, estime Nicolas Rivet, le directeur général de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), devant la caméra de Brut. On a des fédérations départementales qui sont obligées d’emprunter pour pouvoir régler cette facture des dégâts. »

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Éric Roussel