Rares sont les matières premières épargnées par la flambée des cours. « En entrée d’usine, le prix du panier moyen de matières premières a pris 40 % en l’espace d’un an », déplore François Cholat, le président du Syndicat national des industriels de la nutrition animale (Snia). « Pris en étau » entre l’amont et l’aval, entre les filières animales et végétales, les fabricants d’aliment « souffrent » de cette crise sans fin.

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Travail à perte

Les fabricants estiment faire leur part pour en atténuer l’impact et soutenir l’ensemble des acteurs des filières d’élevage. En particulier les éleveurs. Mais la révision des formules et la diversification des flux d’approvisionnements ne font pas tout.

« Nous avons pris sur nos marges autant que possible. L’heure est venue de reconstituer nos stocks. Nous espérons une détente du marché, mais la spéculation bat son plein, constate François Cholat. Nos marges tournent souvent autour de 1 %, voire moins. Certaines entreprises sont déjà en perte, dans les filières intégrées. »

Les prix de l’alimentation animale risquent encore de grimper au début de l’année. Une situation « dramatique » pour tout le monde. « Certains éleveurs s’y refusent et se détournent de nos produits. »

Effort partagé

« Nous n’avons d’autres choix que de répercuter les surcoûts tout au long de la chaîne alimentaire, jusqu’au consommateur », réaffirme le responsable. Un effort chiffré à seulement quelques centimes en bout de chaîne.

Le Snia compte sur les négociations commerciales en cours pour revaloriser durablement le prix des produits agricoles.

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Alexandra Courty